AMY GOODMAN: We’re talking to Reed Lindsay in Washington, DC, the bureau chief of Telesur. Reed—we’re speaking to him in Port-au-Prince in Haiti. There is a long delay between my question being conveyed to him and him answering. But Reed, I wanted to ask you about Titanyen. For people who have spent time in Haiti, certainly for Haitians, they know well this area, the significance of it during the coup times, with thousands of bodies being buried in this, what is seen as a massacre site, a killing field. Talk about Titanyen today.
Ca c’est un entretien réalisé par Amy Goodman avec un journaliste, Reed Lindsay qui se trouve en Haïti http://www.democracynow.org/2010/2/10/as_haiti_toll_revised_to_230
Je vous ai traduit cette partie, afin que chacun, Haïtiens et étrangers puisse se rendre compte des conditions indignes, infrahumaines qui sont faites au peuple haïtien, par ceux-là mêmes qui aiment à les appeller des "rats qui sont aussi des personnes." REED LINDSAY: Well, in fact, driving back from the countryside yesterday afternoon, you know, we passed by Titanyen, and we saw a big crowd of people gathered, and we were curious to find out what they were doing. So, right in Titanyen, in this area where they—bodies have always been dumped and where bodies continue to be dumped since the earthquake. And we drove down this dirt road toward where these people were gathered and right past what couldn’t even be described as bodies, just body parts, and just thrown in the middle of the road. And the stench was unbelievable.
RL : En fait, en revenant de la campagne hier, nous sommes passés à côté d’un lieu qui s’appelle Titanyen, nous avons vu une énorme foule de gens réunis, et curieux nous sommes allés voir ce qu’il en était. Titanyen même, dans cet endroit où des –corps ont toujours été jetés et où des corps depuis continuent à être jetés depuis le tremblement de terre. Et nous nous sommes dirigés sur la route de terre vers l’endroit où les gens se sont rassemblés et juste à côté de ce qu’il est impossible de décrire comme des corps, juste des morceaux de corps, et jetés au milieu de la route. Et l’odeur était épouvantable.
And downwind from this was a food distribution organized by the government. Most food distributions you see in Port-au-Prince are organized by the international community. This one was—there were no UN present. It was organized by the government. There were Haitian police. And they were giving out food that was donated by Mexico. And lines of hundreds of people with no—breathing in this unbelievable smell of bodies nearby, but so desperate for food that they had no other option but to wait there. And of course, as usual, and in fact, in almost—it seems like almost every food distribution I’ve seen, the food ran out, and the truck, you know, closed its doors and left empty. And, you know, hundreds of people were there, left empty-handed.
Et dans un endroit, dans le sens du vent de ce charnier, était organisé une distribution de nourriture. La majorité des distributions de nourriture que vous voyez à Port-au- Prince, sont organisées par la communauté internationale. Celle-ci était- il n’y avait pas de soldats de l’ONU présents. Elle était organisée par le gouvernement. C’était la police haïtienne. Et il distribuait de la nourriture donnée par le Mexique. Et des lignes de centaines de personnes respirant difficilement dans cette odeur inimaginable de cadavres juste à côté, mais ayant désépérément, tellement besoin de nourriture qu’elles n'avaient d’autres option que d’attendre là. Et bien sûr, comme d’habitude, comme toutes les distributions de nourriture auxquelles j’ai assisté, il n’y a plus eu assez de nourriture et le camion a fermé ses portes et est reparti vide. Et vous savez, des centaines de personnes étaient là, laissés avec les mains vides.
After all these people left, we hung around a little and took some images there, and we saw a family actually building a shelter there, a man and his wife and his son, and they were constructing a shelter with sticks and in almost the same place, downwind from these bodies, where really it was difficult to even breathe. And the mother had—was covering her face with a towel as her husband and son constructed the shelter. And I asked them, why—you know, I just couldn’t fathom how they could be there. How could there be a worse place in the world to want to live? And they are clinging to this hope, because they had heard that there might be a big camp set up there. And apparently some government official—it’s not clear who—had told them that they could—they might be able to find housing in some sort. And as a result, they went and claimed their bit of land there. And I asked them, I said, “Why are—you’re the only ones here. Why are you here?” And they said, actually, that there were families all over the place who had claimed land they hadn’t—and you could see here and there shelters that had begun to be constructed. But it just struck me. It hit me so hard, because they just seemed totally without hope, without spirit. And to be reduced to this level where they would want to live in a place like that was, I mean, just—it really shows how desperate the situation continues to be here in Haiti.
Après que tous les gens soient partis, nous avons trainé là et avons pris d’autres images, et nous avons vu une famille entrain de se construire un abri, un homme sa femme et son fils et ils étaient entrain de se construire un abri avec des bouts de bois dans presque le même endroit, dans le sens du vent des cadavres, où réellement on ne pouvait même pas respirer. Et la mère avait- se couvrait le visage avec une serviette alors que son mari et son fils construisaient l’abri. Et je leur ai demandé pourquoi- vous savez, je ne pouvais imaginer comment ils pouvaient rester là. Comment on pourrait vouloir vivre dans cet endroit le pire du monde ? Et en fait ils s’accrochent à cet espoir, parce qu’ils ont entendu qu’ Il y aurait peut-être un grand camp installé dans ce lieu. Et apparemment, un officiel du gouvernement- ce n’est pas clair de qui il s’agit- leur a dit qu’ils pourraient trouver une sorte de maison (pls tard) Et par conséquent, ils sont venus et marquent leur part de terrain. Et je leur ai demandé : pourquoi êtes-vous les seuls ici ? Et ils m’ont répondu qu’il y avait d’autres familles partout qui elles aussi marquaient leurs territoires – et on pouvait voir ici et là des abris en construction. Mais ce qui m’a frappé, qui m’a si fortement choqué, c’est qu’ils semblaient sans espoir, sans âme. Et d’être réduits au niveau où ils voudraient vivre dans un endroit comme celui-ci, je veux dire juste- que cela montre en réalité à quel point la situation continue à être désespérée ici, en Haïti »
Je vous laisse lire la suite en anglais, sur les soldats des USA qui se sont installés sur une sorte de terrain de golf, où il y a un club où vont généralement les riches haïtiens et les étrangers, etc, etc. Peuple haïtien, courage !
S’il te plaît, peuple haïtien
Ne cède pas à la déshumanisation
C’est un piège qu’ils te tendent
Pour pouvoir te traiter de barbares
Et t’opprimer.
Peuple haïtien, ne t’installe pas à Titanyen
Ne construis pas ta maison à côté
des cadavres en putréfication.
Peuple haïtien, reste debout dans la rue.
Couche-toi dans la rue, s’il le faut
Jusqu’à ce que le gouvernement
Les institutions internationales
Les soldats US
Trouvent une solution décente
Pour te loger.
Il existe un grand parc
Qui s’appelle le Parc de la Visite
Ce parc est une réserve nationale
Exige du gouvernement, qu’il y installe des abris
Des dispensaires
Quelques écoles en attendant. Exige-le, peuple haïtien
Cet espace est grand, vide et salubre
Il appartient à l’Etat Et il t’appartient
à un moment comme celui-ci
L'Etat se doit d'utiliser une réserve nationle
pour abriter sa population.
Demande à Préval
Demande au gouvernement
Demande aux associations
Demande aux syndicats
Demande aux peuples du monde.
Ils peuvent y mettre des soldats de l’Onu
Pour exercer une surveillance
Et protéger les arbres
Des vandales qui voudraient les couper.
Il y a suffisamment de soldats
Des troupes françaises, canadiennes, des USA
La Minustah pour exercer un contrôle
Dans le parc de La visite. Peuple haïtien, ne t’installe pas à Titanyen
Il en va de ta dignité
il en va de ta santé
il en va de ton respect
il en va de ton honneur
Peuple haïtien, tu n’es pas seul
Tu as des amis dans le monde
Ayibobo ! pour Naomi Klein
Peuple haïtien, Anaïse et Manuel et Gouverneurs de la Rosée
Sont tes modèles.
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