Dans tous les pays démocratiques les citoyens ont le droit
de choisir les personnes qu'ils souhaitent voir gérer leurs villes.
Pourquoi dans la nouvelle constitution, en français, les
citoyens haïtiens se voient imposer par le Président de la République
leur maire ?
Cette nomination des maires fait d'eux des sortes de chefs de section.
Nommé par le Président, le maire sera dans l'obligation de mener la politique
ordonnée par son chef et non celle souhaitée par les citoyens de sa ville.
C'est un flagrant délit de dictature.
Martelly avant d'ête élu parlait de décentralisation.
La nomination par l'Exécutif du maire est un frein à cette décentralisation.
Au lieu que le maire ait les moyens de faire une politique qui
réponde aux attentes de ses administrés,
au lieu qu'il puisse en toute indépendance choisir ses partenaires
dans le cadre de la coopération,
avec ce nouveau système, les actions du maire
seront dirigées par l'exécutif qui peut les nommer
ou les révoquer.
C'est un flagrant déni de démocratie.
On en revient au fait du prince
qui, au contraire, de la transparence,
risque de favoriser le copinage, la corruption, les bakchich, les retours
d'ascenceurs et autres arrangements entre barons/larrons
L'élection du maire était la garantie de son indépendance face à l'Exécutif
Elle permettait la décentralisation et la déconcentration des pouvoirs
souhaitées par l'ensemble des Haïtiens
Pourquoi les parlementaires ont-ils adopté un amendement qui
enlève leur indépendance aux maires ?
Si on considère que la diaspora n'a pas le droit d'occuper des postes de ministres, de maires,etc
Est-ce que quelqu'un de la diaspora aura envie d'aller investir
dans une ville
où il sait que le maire a été nommé par le Président dont il n'est pas forcément l'ami ?
Cet amendement est un frein à l'investissement de la diaspora.
Il barre la route aux initiatives à la fois du maire et de ses administrés.
Pourquoi Préval, Martelly et l'International ont-t-ils voulu
passer par dessus la tête des électeurs pour imposer un maire ?
A mon avis, la réponse doit se trouver dans le plan de reconstruction
A partir du moment où le maire est nommé pour exécuter les choix du Président
et pas forcément celui de ses administrés,
il se retrouve son obligé et sous son contrôle.
Du jamais vu.
Qui risque de provoquer beaucoup de désordre.
C'est la porte ouverte à tous les passe-droit
toutes les incohérences, abus et profits
sans droit de regard des citoyens
sans possibilité de contestation de leur part.
Quand je pense qu'à Paris, Delanoe, maire de la ville
doit soumettre non pas seulement aux conseillers
mais aux administrés les projets d'envergure.
Ces projets sont affichés, maquettes des constructions
ainsi que leur coût
avec la possibilité qu'un simple électeur
ou qu'un collectif
puisse s'opposer à leur réalisation
pour des raisons diverses : environnement, esthétique
absence de cohérence, coût trop élevé,etc.
En gros nommer le maire
c'est lui lier les mains
et lui imposer
les choix du Président.
Donc ceux de l'international
qui l'a choisi.
Donc, retour à la case départ des nostalgiques
de la paix des cimetières
le maire redevient un chef de section
et le peuple haïtien
des enfants commandés par un papa
dans son palais à Port-au-Prince.
Cette restriction des libertés des citoyens
aurait-t-elle pour nom
dictature sélective ?
Quand on compare à ce qui se passe ailleurs Axis of Logic, Rafael Correa remporte le référendum visant à amender la Constitution
on ne peut qu'être choqué par le manque
de respect des marionettes haïtiennes
censées représenter le peuple
pour le peuple.
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