Je lis un certain nombre d'informations surprenantes qui ne sont pas fournies
à la presse locale, voire à la population, la pauvre, laissée à elle-même
dans son désastre par des dirigeants qui ne pipent pas mot.
Parce que, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, jusqu'à présent,
soit 4 jours après le tremblement de terre,
ni le Président de la République en charge -au moins théoriquement- de la nation,
ni le Premier ministre, n'ont adressé un mot de compassion ou de solidarité,
même une toute petite phrase de rien du tout
pour exprimer un quelconque sentiment d'empathie
-même feinte- à la population.
Ce qui, dans une situation aussi tragique, parait plus que surréaliste.
Je veux dire qu'on peut difficilement trouver un adjectif pour qualifier une telle attitude.
Inhumaine ?
C'était une idée de M. Fernandez de s'occuper de l'aide internationale consacrée à Haïti.
Un précédent article de Dominican Today, nous apprenait que M. Fernandez avait eu une conversation téléphonique avec M. Obama pour lui soumettre cette idée,
Or donc, quel est le plan de M. Fernandez qui vient d'être accepté par M. Préval ?
"According to the Presidency’s Press Office, the agreement seeks to reestablish communications, rescue and bury the bodies from the rubble, reestablish the electric and water supply, and work out a joint plan with the National Army and United Nations Stabilization Mission in Haiti (Minustah) in order to handle the international aid."
Bingo!
On y est !
C'est le gros lot !
En fait, si les Haïtiens victimes du tremblement de terre sont entrain de mourir sous les décombres, ou bien de leurs blessures et attendent depuis 3 jours de la nourriture, de l'eau et un toît, c'est que ces Messieurs, semble-t-il, n'avaient pas encore finalisé leur accord.
Raison qui expliquerait la totale absence de l'Etat haïtien, les secours venant uniquement des ONG.
Ce scénario là, on l'avait pressenti depuis un moment.
D'abord cet afflux de propagande des média et des internautes "businessmen" pour la RD.
Avec, revenant de manière systématique, répétitive, une apologie de la société de la RD et un dénigrement constant en parallèle, non seulement de la société haïtienne, mais des Haïtiens eux-mêmes, traités à tout bout de champ de Nuls, Kongo, Kokorat et cie.
Ca sentait le coup monté et il était probable que cette propagande dissimulait quelque chose de pas très propre.
La RD étant accablée de dettes, avec une économie en récession,
pour les hommes d'affaires de ce pays alliés à ceux d'Haïti, le marché haïtien
- Haïti 2ème partenaire commercial de la RD faut pas l'oublier : 700 M de dollars US
pour l'année 2009 pour la RD-
représente une manne -8 à 9 M d'habitants-
pris en otage
qui n'ont pas d'autre choix que de consommer des produits dominicains
avec la misérable somme
gagnée dans les sweatshops
et les zones franches prévues pour se répandre sur cet exigü territoire.
D'un côté, Haïti, une réserve sans arbres de mains d'oeuvres bon marché
de l'autre, la RD, une "resort" sorte de parc pour touristes,
couvert de verdure et de routes.
Bref, voici qu'en lisant la presse dominicaine
et d'autre part en constatant l'absence de volonté politique
de ce gouvernement, comme de celui de Latortue d'ailleurs en 2004/2006
pour financer un réel programme de développement de l'agriculture et d'éducation:
absence d'autonomie alimentaire + abscence d'éducation = population soumise et exploitable sans merci,
je me disais qu'il n'était pas possible d'en rendre responsables
le manque de compétence ou la corruption des politiques.
Ca allait quand même trop loin cette faillite totale/capitale.
Ca semblait programmé.
Ces gens là devaient avoir quelque chose derrière la tête pour agir
en faisant systématiquement n'importe quoi.
Et puis, voici que le tremblement de terre arrive à point nommé
et qu'un plan germe dans la tête de M. Fernandez,
qui doit absolument sortir son pays de l'impasse économique
dans laquelle il se trouve,
conséquence de ses privatisations à outrance
et de son endettement tout également outrancier.
M. Fernandez, étant un "bon" Président, soucieux de ne pas laisser s'effondrer son pays, comme l'Argentine il y a quelques temps,
(voir sur ce blog à la rubrique vidéo le fil de Solanas "Mémoire d'un saccage")
a pensé - l'occasion faisant le larron-
à ce deal avec le Président d'Haïti.
Un deal qui devrait lui permettre à lui et aux entreprises de construction de son pays - auxquelles sont associées pas mal de duvaliéristes réfugiés après la chute de Babydoc en 1986 sur le territoire voisin-
-toujours hospitalier à tous ceux qui conspirent contre Haïti-
de passer des contrats avec les institutions qui viennent en aide en Haïti.
Par ici la monnaie !
Mais, le pire du pire dans ce cauchemar, c'est que la BM, le FMI et les autres proposent des prêts à Haïti. Ce qui veut dire que l'argent emprunté par Haïti et que les Haïtiens devront rembourser pendant des années, ainsi que ce qu'ils appellent joliment le service de la dette, qui en langage vulgaire se nomme : les intérêts de la dette, ira dans les poches des entreprises dominicaines qui bien sûr, ne paient pas d'impôts en Haïti.
De plus, après avoir eu, pour la première fois de leur histoire, en l'année 2004, année du bicentenaire d'une indépendance gagnée chèrement,
les troupes françaises sur son territoire,
auxquelles il faut ajouter des soldats et des policiers
de plus d'une trentaine de nationalités,
-un vrai souk, un salon international de la répression-
Haïti aura désormais, selon les termes de l'"agreement" passé avec la RD,
l'armée nationale de RD qui va travailler main dans la main avec la Minustah.
Si ce n'est pas une volonté délibérée d'humilier ce peuple, de l'avilir
et d'autre part de le dépouiller de tout l'argent gagné à la sueur de son front et si misérablement...
Si ce n'est pas une volonté, comme l'avait mentionné cet ex-président de la raffinerie de pétrole de la RD, de s'emparer sans coup férir des ressources minières, or et iridium convoitées par les compagnies canadiennes...
Si ce n'est pas une volonté d'utiliser la RD comme garde-chiourme, c'est-à-dire en lui offrant un certain bénéfice dans la prédation, en échange du contrôle de la population via son armée- qui, n'en doutons pas, restera sur place après le départ de la Minustah.
Aussi, si les Haïtiens continuent comme des gaga à tomber dans le piège en réagissant bêtement comme des taureaux dans l'arène dès qu'on agite sous leur nez le chiffon rouge d'Aristide.
Si les Haïtiens zentellectuels obsédés par la reconnaisance de leur génie continuent à jouer aux "nègres d'exception" en poussant des ah et des oh devant la générosité des "puissances amies" sans se poser la moindre question sur l'envers de cette générosité
Tout ce beau monde, riches et pauvres, Mulâtres comme Noirs va se retrouver comme sous l'occupation américaine, citoyens de seconde classe dans leur propre pays.
Ca ne fera pas un pli.
Cette "idée" de Fernandez, ça fait déjà une moment qu'elle est lancée comme un ballon d'essai. La réaction des Haïtiens étant jusqu'à présent négative, "on" les travaillait au corps par la propagande dans tous les réseaux de communication sur le web.
"Regardez comme tout va bien en RD !" Regardez comme ils sont beaux, qu'ils ont de belles routes et que tout le monde veut investir chez eux ! Alors que nous autres Haïtiens nous ne sommes que de la M... Nous n'avons pas la mentalité business" et autres stupidités propres à entrer dans les cerveaux des pauvres d'esprit.
C'est 24H sur 24, 7 jours sur7 qu'on lit sur internet ce genre de propos à la gloire de la RD. Sans compter, que la presse haïtienne, les radios se gardent bien de donner des nouvelles de la RD.
Jamais un article sur les récentes grèves de médecins, de chauffeurs de bus et de taxis, sur la corruption à tous les étages de la société, sur le narcotrafic qui s'est également infiltré au sein de l'armée et des institutions gouvernementales, la prostitution, la pédophilie, le crime organisé, tous sujets que l'on découvre en ouvrant le premier quotidien venu de la RD,
Tout cela n'est pas connu des Haïtiens.
Seule la vitrine, les belles routes, la capitale, les hôtels de tourisme (qui n'appartiennent d'ailleurs pas à la RD) sont présentés sur papier glacé, comme dans un reportage de Paris Match.
Parce qu'en vérité, si il y a une chose que sait parfaitement faire le président Léonel Fernandez et pour laquelle la classe dominante de son pays devrait le remercier, c'est qu'il sait bien vendre l'image de son pays.
Dans le cadre de cette propagande pro-RD à laquelle participent activement le Président d'Haïti et son entourage militaro/macoute, on avait vu également Mme Clinton, et d'autres étrangers demander à la RD de prendre en charge Haïti.
On avait vu aussi une fameuse conférence pour la "sauvegarde d'Haïti " organisée par un homme d'affaires ayant de gros intérêts économiques en RD, à laquelle avait été invité, un des leaders de la droite extrème de la RD.
Un peu comme si on invitait, ici, Le Pen à une réunion pour traiter de la situation des immigrés.
Tout ça c'était des tests.
Il s'agissait de lancer des ballons d'essai pour voir comment la population haïtienne, notamment la frange + ou- nationaliste de son élite, avalerait la potion/poison.
Eh bien, comme dit Naomi Klein, la catastrophe aidant, tout ce beau programme, comme dans le cas de la Nouvelle Orléans avec Katrina "on" va pouvoir sans risquer d'émeutes l'imposer à l'ensemble de la population.
Et si émeutes il y aurait, les troupes américaines actuellement sur place, la Minustah et l'armée nationale dominicaine seraient là pour réprimer ces sauvages, barbares et chimères.
C'est pourquoi, je soutiens vivement et relaye l'appel de Wycleff Jean, -Ochan pour lui- à la diaspora.
La diaspora doit impérativement se mobiliser, s'organiser au moment où le gouvernement abandonne à d'autres son leadership sur la nation, pour prendre sa place dans la gestion de l'aide internationale.
Comment ?
En réclamant du gouvernement Préval/Bellerive, des explications sur son "agreement" avec la RD.
En forçant le gouvernement à dialoguer avec les groupes organisés, les entrepreneurs capables de gérer la distribution de l'eau, le ramassage des cadavres, le déblaiement des rues, la reconstruction.
Ce n'est pas bien sorcier.
Et s'il faut parler de risque de corruption en confiant des travaux à des entrepreneurs haïtiens
qui paient leurs impots en Haïti eux;
la corruption, il faut se rentrer celà une fois pour toutes dans la tête
n'est pas moindre en RD qu'en Haïti.
Elle est simplement mieux dissimulée
M. Fernandez sachant mieux vendre l'image de son pays.
Mezanmi, frè ak sè mwen, nous avons là un challenge formidable.
La partie est chaude mais
ne disons pas qu'elle est perdue.
Au fait, pourquoi croyez-vous que Préval remerciait Fernandez ?
Parce qu'il a été le premier chef d'Etat à visiter le pays.
C'est pas mimi ça !
Ben voyons!
Le Président Fernandez a juste quelques minutes à vol d'avion pour traverser la frontière.
Alors qu'il s'agisait surtout pour lui de conclure un contrat extèmement avantageux.
Le Président Sarkozy n'hésite pas à accomplir des milliers de kilomètres pour essayer de faire des affaires avec d'autres pays comme, par exemple, le Brésil.
Where is the big deal ?
M.le Président Préval, la population haïtienne est en train de vivre une tragédie,
es- t-il nécessaire, dans un moment pareil, de persister à se moquer du monde en travestissant la réalité ?
L'heure n'est plus, où vous pouviez malicieusement raconter à Mme Yama Rade
que la population massée devant le Palais national qui- ceci dit en passant n'est pas "my palace", mon palais , comme vous le dites dans une interview sur CNN, mais celui du pays-
était là pour l'applaudir, elle, Rama Yade
alors qu'il s'agissait en réalité de gens manifestant contre la vie chère.
M. Le Président Préval, l'heure est venue de parler avec franchise à la population et de lui expliquer les deals et"agreements" divers et variés
que votre gouvernment a conclu avec la RD,
et les autres pays qui interviennent en ce moment en Haïti.
M. Le président Préval, de même que le Palais national n'est pas "votre" palais,
de même, Haïti ne saurait être votre propriété privée.
Nous ne sommes plus au temps des Jean-Claude Duvalier qui utilisait les pistes de l'aéroport comme terrain de jeu, pour faire tourner ses luxueuses voitures de sport, tandis que la population crevait de faim.
Enough is enough !
Ou comme disent les Haïtiens :"Abraham di se tase !
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