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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Renan Pétion :Mourir loin de ses rêves. Par Robert Lodimus

Publié par siel sur 17 Septembre 2011, 09:47am

Catégories : #AYITI ACTUALITES



Ce texte  a été diffusé en 2007 dans le journal haïtien, Le Nouvelliste. link

C'est un hommage émouvant  et tragique à un compagnon de lutte, Renan Pétion

décédé à Montréal le 17 septembre 2007

Ce texte est également dédié à tous ceux qui sont morts en terre étrangère

sans avoir jamais revu

leur pays depuis  qu'ils en on été chassés dans les années 1960 par

les forces du mal.

Un peuple sans mémoire est un peuple sans âme.

Un peuple sans mémoire est un peuple sans dignité.

Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir.

Un peuple sans mémoire est un peuple qui croit qu'il peut réinventer la roue.

Un peuple sans mémoire est un peuple condamné  comme Sisyphe

à faire rouler l'exacte et même rocher jusqu'en haut d'une colline

dont il redescend chaque fois avant d'atteindre le sommet.

Comme aujourd'hui.

Dey o na rele dey o ! Haïti o ! (Toto Bissainthe)

VOIR Devoir de mémoire en RD, la création d'un musée de la répression

VOIR PEUPLE sans mémoire...

VOIR DUVALIER

 


            Marcher lentement les bras croisés derrière un corbillard sombre et macabre qui transporte la dépouille d'un être cher à sa dernière demeure, constitue à tous les égards, une épreuve pénible, douloureuse, nullement souhaitable... Mais... que voulez-vous? Dire tout simplement comme Marcel Achard: "Il n'y a qu'une chose certaine dans la vie, c'est qu'on la perd." À cela, faudrait-il ajouter: on n'y peut rien... Devant la crainte de l'Éternité angoissante, Montaigne a tenté lui-même de justifier son ressentiment obsessionnel: "Ce n'est pas la mort que je crains, mais de mourir." Mourir: acte ultime et naturel certes, mais combien redouté... ! Transition incontournable...! Passage soi-disant obligé pour un voyage définitif dans l'au-delà ombrageux, ténébreux, néantisé dans les consciences rebelles.

Une trentaine de personnes juxtaposées dans une salle exiguë. Des pleurs étouffés. Des larmes timides sur des visages chagrinés. Moment de recueillement solennel devant un corps inerte, enfoncé dans une bière glaciale qui va descendre dans la gorge de la terre. Postulat sur la destinée humaine : " Tu es poussière, tu retourneras dans la poussière. " Le curé débite son homélie, termine et signe... Amen! Il les connaît par coeur, les jargons des rituels routiniers qui donnent le vertige même aux âmes des défunts croyants. Des mots sacrés, ressassés, ruminés, avalés...qui charrient des promesses controversées de bonheur après la vie... Des mots qui résonnent comme des troncs creux dans une nappe de brouillard spirituel... Renan Pétion vous dit: " ne pleurez pas! Je vous aime! " Mais, personne ne pleurait! Il n'y avait même pas de "mouchoir pour cacher l'absence des larmes." Ambrose Bierce nous pardonnera de déformer et de poser son esprit à l'envers. Renan Pétion devrait mériter le privilège de Luis, l'ouvrier martyr de Cesbron : quitter ce monde de déception incommensurable avec les paroles réconfortantes d'un curé comme celui de Sagny, moulé dans les réflexions révolutionnai- res et éclairantes de Leonardo Boff. La mort a tout enlevé à cet homme solide, de conviction politique inébranlable, d'une profondeur viscérale, hanté par une vision de fonctionnement sociétal tout à fait conforme aux intérêts libérateurs, et qui a roulé sa bosse du Sud au Nord, en passant par l'Est. Elle lui a pris jusqu'à sa barbe toujours bien entretenue, symbole de frustration et de révolte incendiaire. Et même sa monture de lunettes surplombée de verres luisants qui ajoutait au charme et au charisme intellectuel du personnage. Nous avons franchi avec tristesse les quelques pas pour nous rapprocher du cercueil. Pendant quelques secondes, nous avons cru entendre la voix de notre ami plongé dans son dernier sommeil : " Robert, donne-moi donc des nouvelles de cet " endroit " qui s'appelle Haïti ! "

Cela a fait dans notre cerveau l'effet virevoltant d'un film biographique de Stevens Spielberg : IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN. Mais pour ce qui nous concerne ici, Ryan est mort de sa regrettable mort, loin de ses rêves de ce monde à la Bertolt Brecht. Renan Pétion a lutté toute sa vie, comme plusieurs d'entre nous, pour aider à façonner les conditions objectives de la création de ce monde meilleur au profit des couches sociales appauvries, paupérisées, marginalisées, chosifiées... Mais, Malheureusement, il est parti sans être parvenu à le laisser derrière lui. Le duvaliérisme a dressé l'échafaud. L'Amérique au coeur insensible et endurci lui a passé la corde au cou et l'a poussé dans le vide de l'impassible abjection. Le visage cadavérique, dur et froid comme le marbre devenait subitement une surface lumineuse, un écran phosphorescent sur lequel étaient retransmises les images bouleversantes d'un passé féroce, diabolique, sanguinaire, assassin, cannibale ... qui a mangé la cervelle de notre fierté et dignité de peuple combatif, vaillant et solidaire durant trois décennies près.

" Partir n'est pas mourir... Un jour, tu reviendras... ", dit la vieille chanson de chez nous. Cependant, nombreux qui, comme Renan, sont partis pour ne plus revenir. Ils ne reviendront plus jamais au pays des cloaques où des millions d'individus catalogués de sous-humains luttent pour leur survie et la reconquête de la dignité humaine.

Les objectifs de notre mémoire lointaine et livresque découvrent un paysage socio-politique fébrile, nettement sous l'effet vibrateur d'une effervescence révolutionnaire contagieuse.

1957. Une équipe de jeunes intellectuels tentent avec succès d'éradiquer les maux endémiques qui atrophient la société cubaine maintenue trop longtemps sous le joug des extrémistes de droite dirigés par le tortionnaire Fulgencio Batista y Zaldivar. Des élites politiques et économiques corrompues, alliées de l'impérialisme nord-américain glouton. En Haïti, les cadres supérieurs de l'armée, après avoir effectué des détours irréguliers, jonchés de magouille et de traîtrise, installent au pouvoir le 22 septembre 1957 un médecin de campagne taciturne, démagogue, accoutré du sari de l'estimisme réformateur. Les noms de Fidel Castro, Ernesto Guevara, Raoul Castro, Camilo Cienfuegos étaient devenus symbole de changement des conditions de vie des populations misérables, retranchées dans les " favelas" .

Après avoir valsé au rythme des crépitements anti-tsaristes d'octobre 1917, après s'être reposé de la longue marche de Mao (octobre 1934 - octobre 1935), le globe terrestre se retrouvait à nouveau dans le collimateur d'un conflit armé qui a surpris les milieux parasitaires du capitalisme monopolistique. Ils avaient tous juré de ramener la vie à Cuba ou de mourir. D'envoyer ad patres ce système féodal, infernal qui maintenait une catégorie d'individus dans une situation dégradante, qui s'apparente à celle qualifiée de " statut de sujets " par la journaliste Coralie Febvre de la revue L'Histoire, lorsqu'elle parle des " indigènes de la République française." L'aboutissement heureux de la révolution cubaine avait rallumé les cierges de conviction idéologique des intellectuels progressistes qui rêvaient eux-mêmes de redessiner la carte de l'univers sur des supports d'équité en matière de justice sociale. Les écrits des dialecticiens, bâtisseurs de la gauche démocratique : Karl Marx, Vladimir Ilitch OULIANOV, dit Lénine, Lev Davidovitch Bronstein Trotsky, dit Léon, Friedrich Engels...carrelaient les cerveaux en friche avec des pierres taillées dans l'insoumission ou le rejet pur et simple des rapports d'exploitation et d'oppression établis et entretenus depuis longtemps par les oligarques, en défaveur et pour le malheur sans cesse croissant des couches dépossédées, paupérisées et aliénées. Alfredo Mendizabal pose la question et y répond : " Quelle est donc la première victime dans un pays où la tyrannie se déchaîne ? Le Droit. Non précisément la loi . On en crée une autre. Mais le Droit, qui incarne la justice, est l'obstacle principal à la dictature dont le principe est l'iniquité.

D'après le juriste nazi Karl Schmidt, poursuit Mendizabal, le fondement de la politique n'est autre que la différenciation entre l'ami et l'ennemi. Une telle distinction est vite faite par le dictateur, qui considère que tous ceux qui ne sont pas pour lui sont contre lui. Il n'admet donc pas la moindre dissidence. L'obéissance passive elle-même ne lui suffit point. Il réclame l'adhésion, et une adhésion inconditionnelle. L'enthousiasme est fabriqué par la propagande, ou imposé - dans ses formes hypocrites -par la peur. Fini le citoyen, et ce qui est encore plus grave, fini l'homme. Un seul pasteur, un seul troupeau. La monstrueuse machine de l'État totalitaire écrase l'individu en supprimant sa personnalité. "     
             
 
 Renan Pétion, jeune étudiant en médecine, se gargarisait encore de la défaite sanglante infligée aux fignolistes. Le professeur Daniel Fignolé, le Cicéron des Caraïbes, incarnation du rêve de liberté et de justice sociale des masses urbaines et rurales, nommé président provisoire, était sauvagement arrêté, ligoté comme un vulgaire bandit et exilé. Ses partisans massacrés par milliers. En l'espace de quatre années - 1957-1961 -- les Haïtiens étaient passés de " sanglots d'un exilé " au " barbarisme d'un dangereux mégalomane ". Un vampire assoiffé de pouvoir et de sang. Un docteur Goebbels noiriste, absolument au service des esprits démoniaques. La terreur déployait ses tentacules sur toutes les villes et les campagnes du pays. C'était la triste époque du bal de la désolation... De la fuite des cerveaux en Amérique du Nord, en Afrique ou en Europe... Les prisons remplaçaient les écoles. Là où deux ou trois citoyens se réunissaient, le communisme était parmi eux ! La République d'Haïti vivait sous la loi du couvre-feu. De la zombification politique. Du mutisme craintif, dépersonnalisant et déroutant. La répression " macoutique " enjambait les murs des facultés. L'ange de la mort planait partout. La jeunesse estudiantine devenait la proie d'une persécution politique extrême. Systématique.

En 1961, la grève de l'Union nationale des Étudiants haïtiens, UNEH, provoquait l'une des premières grandes secousses de l'État totalitaire duvaliérien. Les meneurs du mouvement, parmi lesquels Renan Pétion, exigeaient, entre autres, la libération sans condition de Joseph Rodney et de tous les autres camarades universitaires, kidnappés et torturés dans les prisons secrètes du médecin charlatan dictateur. C'est à cette époque que Roger Lafontant, lui-même étudiant en médecine, a enfilé le manteau de goujat, de bourreau et de traître qu'il a traîné jusqu'à sa mort. Sa trahison vile et assassine a asséné un coup terrible au mouvement des jeunes grévistes terminé dans la fuite et dans la débandade. En échange des faveurs politiques, des avantages économiques et sociaux, Roger Lafontant, pourtant issu de la paysannerie lointaine, acceptait volontairement de remettre aux tortionnaires de François la liste de tous les étudiants contestataires, impliqués comme lui dans l'organisation et la direction de la grève. Rony Gilot, Serge Conille (les médecins resquilleurs) Robert Germain, Serge Chaumette, pour ne citer que ceux-là, faisaient partie eux aussi de la bande des mouchards. Renan Pétion, idéologue également du mouvement estudiantin, a écrit les paroles de l'hymne officiel de l'association qui ont été mises en solfège par le célèbre musicien Solon Verret :


Gen yon van ki soufle
Se pou tout tèt kole
An navan etidyan
Denmen nou nan men nou
Fò nou fèl bèl kon joujou
Denmen nou nan men nou

Tout etidyan sanble anba drapo l'UNEH
Lan zafè n' pou n' wè klè
Tankou jèn lòt kote
Fò n' mache koud kole

Nous traduisons en français :

" Il y a un vent qui souffle
En avant étudiants
Soyons unis
Ensemble bâtissons notre avenir
Bâtissons-le nous-mêmes
Selon nos désirs, selon nos rêves

Restons unis sous la bannière de l'UNEH
Soyons des visionnaires éclairés
Comme les jeunes de certains pays
Restons unis "


Les bras de la répression s'allongeaient. Encouragé par les membres de sa famille, Renan s'est résigné à entreprendre le long voyage de l'exil, pour échapper à la fureur de la Méduse. Dans sa tête, il est parti chercher le bouclier de Persée pour en finir avec le monstre redoutable. De la Colombie, bénéficiaire d'une bourse d'études, il a poursuivi sa formation universitaire en Pologne jusqu'à
l'obtention du grade de docteur en médecine.

Le président du comité exécutif de l'UNEH, issu du congrès de 1961, tenu dans le Hall de la faculté de Droit, Guy Lomini, est lâchement assassiné en 1969 par les escadrons de la mort... Le secrétaire général de l'association, Yves Flavien et plusieurs autres étudiants ont été torturés et enfermés durant plusieurs années dans les souricières souterraines de Fort Dimanche. De 1961 à 1971, le peuple haïtien a vécu dix années de répression et de barbarisme politique indescriptibles qui ont permis à François Duvalier de paver la voie, d'une part à la présidence à vie (1964) , et d'autre part, d'imposer son fils Jean-Claude (1971) comme héritier usurpateur du Palais national après sa mort. Des historiens étrangers et nationaux évoquent cette époque de terreur en des termes sinistres, néroniens : massacre, tuerie, hécatombe... Les noms de Luc Désir, Zacharie Delva, Éloïs Maître, Jacques Gracia, Clément Barbot..., connotaient une cruauté luciférienne.

Les grands révolutionnaires, constructeurs du bolchevisme ont dû s'exiler pour préparer et organiser de l'extérieur les mou- vements de lutte insurrectionnels qui ont abouti au déracinement de  la monarchie féodale et dictatoriale en Russie. Après la Moncada, Fidel et Raoul se sont réfugiés au Mexique où ils ont lié connaissance avec l'argentin Ernesto Guevara, dit le Che. De là, en 1956, ils ont recruté et entraîné les guerilleros (barbudos) pour renverser le vieil ordre social, économique et politique à Cuba et en instaurer un nouveau à la place, en 1959. Les compatriotes qui fuyaient le paysage politique infernal nourrissaient eux aussi l'ambition légitime de revenir diriger " cette révolution " - jusqu'à présent manquante - susceptible de déconnecter Haïti de la stéréotypie du misérabilisme avilissant. Mais sans compter, hélas ! avec l'appui tacite de la CIA et du FBI à tous les gouvernements qui agitent le spectre de la présence du communisme pour opprimer leurs peuples.

À cause du taux élevé de l'analphabétisme, les circonstances objectives n'étaient pas encore réunies pour favoriser l'aboutissement victorieux d'une lutte révolutionnaire en Haïti. L'échec des nombreuses invasions - il faut le dire - mal planifiées, sans préparation militaire suffisante, ne favorisait pas le retour des exilés. Malgré tout, nous devons apprendre à honorer la mémoire des compatriotes courageux, comme Jacques Stephen Alexis, Adrien Sansaricq, Hector Riobé, Les frères Numa, Richard Brisson, docteur Lionel Lainé..., qui ont sacrifié leur vie sur le chemin bouleversant de la lutte armée, par amour pour leur patrie. " Si tu veux agir, il faut que tu croies à des erreurs ", enseigne Nietzsche.

Renan Pétion a donc quitté la Pologne pour aller administrer un hôpital au Nigeria. À la fin du contrat, il a choisi de s'installer avec sa famille au Canada, dans l'espoir de poursuivre ses activités de médecin. Ses démêlés infructueux avec le Collège des médecins du Québec pour faire reconnaître ses compétences professionnelles l'ont profondément marqué. À la mort de Holina, son épouse d'origine polonaise, il s'est consacré entièrement à l'éducation de ses deux filles. Ses proches parents et la plupart de ses amis n'ont jamais compris pourquoi, à la chute du " macaque " en février 1986, il ne s'est pas rapatrié afin de consacrer sa science au service des collectivités patriotes, puisque le Canada avait refusé ses services !
Pour Renan, être médecin conservait toute sa signification noble, au sens hippocratique : SERVIR et GUÉRIR. Il voulait être pour les citoyens le vieux médecin d'Albert Camus, dans LA PESTE. Une approche médicale tout à fait humaniste, entièrement fondée sur la confiance et le respect partagés. Lorsque nous lui posions nous-mêmes la question, il répondait sans détour :

- J'ai peur d'être confronté à des situations regrettables. La médecine fonctionne avec une pharmacie adéquate. Pour guérir, il faut prescrire et administrer des médicaments. C'est dur de regarder les gens mourir, comme en Afrique, parce qu'ils n'ont pas d'argent pour se procurer les remèdes...

- Mais au moins vous auriez essayé de faire quelque chose ?

- C'est vrai ! J'y ai pensé, moi aussi... J'ai achevé de rédiger un vaste projet de santé pour mes compatriotes. Je voudrais avoir la collaboration de l'État et l'aide de la communauté internationale pour le concrétiser et l'expérimenter sur le terrain... Je crois que je pense sérieusement à y retourner... Je le ferai... ! ?

Renan Pétion est décédé à Montréal le 17 septembre 2007. Fait symbolique à nos yeux : il est enterré un 22 septembre... ! Renan nous a laissé un message clair : IL FAUT CONTINUER LA LUTTE JUSQU' À LA LIBÉRATION TOTALE DU PEUPLE HAITIEN... Il nous a parlé, comme Manuel à Délira, - dans " Gouverneurs de la Rosée - avant de mourir... L' État haïtien doit retrouver ses armoiries de noblesse. Ce pays ne peut pas continuer à s'engoncer dans les haillons de l'occupation étrangère déguisée ! Louis Lavelle le dit très bien : " Le destin de l'homme est aussi le destin de sa liberté ".

Mon cher Renan,

Comme nous l'avons écrit dans notre recueil de poésie, LE CRÉPUSCULE ENSANGLANTÉ :

" Demain, sur ta tombe oubliée,
Le vent du Sud apportera
Une feuille de LIBERTÉ... "


Robert Lodimus

     
     




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