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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Sentinelle du peuple, Election sélection- numéro 7-septembre 2010 (suite)

Publié par siel sur 3 Novembre 2010, 10:20am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

VOIR début du texte: Sentinelle du peuple, Election sélection- numéro 7-septembre 2010

Numéro 7
                                    Septembre2010

                ***LA SENTINELLE DU PEUPLE***
La Sentinelle est devant, elle éclaire le chemin de la libération du peuple

III.    Le secteur paysan haïtien, une grande force sociale qui est maltraitée pour l’empêcher de prendre conscience de ses capacités

Ce sont nos ancêtres paysans et tous leurs descendants dans les mornes qui ont porté l’économie du pays sur leur dos depuis 1804 jusqu’en 1980. Aujourd’hui, ils n’en ont plus la capacité. Pendant plus de 170 ans, l’État haïtien et l’oligarchie ont surexploité les paysans sans jamais rien leur donner en retour. Ce n’est qu’en 1940 que l’État a mené sa première action dans le secteur paysan. Ce fut après que des Haïtiens aient été massacrés à Saint-Domingue et après tous les dégâts qu’a provoqués en milieu rural une compagnie américaine (SHADA) qui
cultivait l’hévéa. Dans les années 50-60, après les cyclones Hazel, Flora et Inès, l’action de l’État reposait surtout sur l’envoi par les États-Unis d’une aide en nourriture qui allait détruire l’agriculture paysanne et changer les habitudes alimentaires.

3.1.    L’action de l’État dans le secteur paysan est basée sur la corruption et met à bas l’économie rurale.

Depuis le régime des Duvalier jusqu’au deuxième mandat de Préval, on n'a pas connu un seul gouvernement qui ait jamais eu de véritable politique agricole. Les quelques initiatives prises dans ce domaine par le gouvernement de François Duvalier avaient pour objectif de permettre à des potentats du régime de détourner l’argent du pays ;
c’est ce qui s’est produit avec l’Institut de développement agricole et industriel (IDAI), une institution financière soi-disant créée pour faciliter l’accès au crédit aux paysans et aux entrepreneurs voulant investir en milieu rural. Lorsque l’IDAI a fait faillite, on a créé la BNDAI, qui était gérée de façon identique ; lorsqu’elle a disparu à
son tour, on est passé à la BCA, qui existe encore mais n’accorde descrédits qu’aux grands propriétaires et aux Caisses populaires. Quand on sait comment les pratiques d’usure accablent les paysans, on voit à quel point cet État est opposé à la paysannerie, pour détourner ainsi un système de crédit rural qui pourrait représenter une réponse intéressante.

A la même époque que l’IDAI, dans les années 70, la production de café par les paysans rapportait au pays plus de 80 % des ressources provenant des exportations ; et cela sans compter la contribution au
budget national des taxes sur le commerce du café.

De 1975 à 1986, l’État a développé en milieu rural une série de projets intégrés grâce aux dons et aux prêts internationaux. Mais la plupart de ces projets, qui ont été montés au nom des paysans, se sont retrouvés dans la poche de sociétés étrangères, d’hommes occupant un poste important dans l’État, de grands propriétaires et de gros macoutes.

Après 1986, l’État a abandonné le secteur paysan, dont il se fichait comme de sa première chemise ; il le laissa entièrement aux mains des ONG étrangères et des ONG haïtiennes. Les gouvernements militaires, avec le général Namphy à leur tête et Lesly Delatour comme ministre, ouvrirent grand les portes du pays aux produits agricoles venant de pays étrangers, en premier lieu les États-Unis et Saint-Domingue.
Aristide continua sur la même voie après son retour en 1994. Il acheta du riz importé pour le vendre dans de prétendus magasins communautaires, ou bien, en 2001, lors de son deuxième mandat, pour entretenir ses chefs de gangs. Pendant ses deux mandats et les cinq gouvernements qu’il a présidés, Préval a fait de la démagogie sur le thème de la production nationale. Il a même joué à celui qui voulait faire une réforme agraire, mais tout le monde a vu rapidement que sa priorité était le CNE, l’entreprise publique dirigée par son gendre Jude Célestin.

3.2.    La politique paternaliste de « bon papa » menée par les dirigeants des ONG et des grandes organisations paysannes n’aide pas non plus le secteur paysan à se renforcer.

Un des grands obstacles à l’évolution du secteur paysan tient à la démarche que les principaux dirigeants des ONG et des organisations paysannes ont choisi d’employer ; ils se sont en effet engagés dans le développement d’une logique de type paternaliste vis-à-vis des paysans. Ainsi, ces dirigeants ont entrepris des actions de développement en milieu paysan sans aucune vision d’ensemble. Certes il faut reconnaître que, dans quelques zones, ce travail a abouti à une amélioration de la situation de misère qui y sévit. Mais il n’en reste pas moins qu’en elle-même cette approche paternaliste met de côté toute tentative d’amener les secteurs paysans à se mobiliser pour forcer l’État à assumer ses responsabilités.

En réalité, l’approche paternaliste ne permet le développement d’aucune conscience dans le secteur paysan. Le plus souvent, les paysans rejoignent une organisation parce qu’elle leur donne quelque chose. Et donc beaucoup de ces organisations ne sont pas vraiment en mesure de faire converger puis défendre les intérêts de ce secteur.
Comme, la plupart du temps, de nombreux dirigeants mettent en place une structure verticale, ce modèle d’organisation ne permet pas aux paysans d’avoir le moindre contrôle sur eux. C’est ainsi que les dirigeants ont toute latitude pour mener l’organisation où ils le veulent, pour utiliser son nom afin de régler leurs affaires
personnelles, ou pour renforcer leur capacité de négociation avec le pouvoir politique, les ONG étrangères et la communauté internationale, ou bien encore pour obtenir une place dans une série de forums internationaux. Cela conduit ces grandes organisations paysannes à une situation dans laquelle elles cherchent surtout des petits avantages pour leur zone, pour leurs membres et pour leurs dirigeants.

De mauvaises méthodes de travail et de mauvaises pratiques en termes d’organisation empêchent le secteur paysan de rassembler ses énergies afin d’unir ses forces au niveau départemental comme au niveau national, pour conduire lui-même son processus d’émancipation.


Cependant, peu à peu, les paysans engagent des réflexions sur leur secteur et sur le pays. Nombreuses sont les organisations paysannes qui commencent à opérer un recul critique sur leurs pratiques ; ainsi beaucoup commencent à se rapprocher les unes des autres. Ce sont ces démarches qui méritent d’être renforcées pour permettre au secteur paysan de redéfinir sa stratégie en termes d’organisation et de lutte,
afin de devenir une force sociale qui compte pour de bon dans le pays.


A bas l’occupation déguisée en tutelle !
A bas les élections bidon ! A bas le pouvoir servile de Préval !
Vive la mobilisation de longue durée pour la libération du peuple !

Sentinelle du peuple
Septembre 2010
santinelpep@yahoo.fr

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