Haiti: Relief and Reconstruction Watch
VOIR http://www.cepr.net/index.php/blogs/relief-and-reconstruction-watch/
On découvre que le gouvernement haïtien a passé un contrat avec une firme privée étatsunienne GEO Group pour gérer les prisons. On apprend qu'il n'y a pas eu d'appel d'offres pour ce contrat dont le montant pour un mois est de $260,589
Mais le pire du pire - mais existe-il une limite au pire dans l'abomination dans cette société haïtienne ?- c'est que la société privée choisie par le gouvernement haïtien a été au centre de nombreux scandales. Le plus récent est arrivé le mois dernier, moins de 2 semaines avant que le contrat avec Haïti ait été signé. Gregorio de la Rosa (vu son nom, il doit être un "latino" ) a été battu à mort en 2001. Au début du mois de janvier 2010, le GEO Group a dû payer 40 millions en réparations à cette mort suite à des coups dans une de ses prisons.
http://www.cepr.net/index.php/blogs/relief-and-reconstruction-watch/private-prison-company-gets-haiti-contract/
Comme vous le savez le business des prisons est extrèmement lucratif ax USA.
Rappelez-vous de ce scandale où des juges envoyaient systématiquement des mineurs en prison en échange de pots de vin. C'est dingue, n'est-ce pas ! D'en arriver par amour de l'argent à foutre en l'air la vie de jeunes
qui pour des délits mineurs, genre querelles entre 2 teenagers, se sont retrouvés enfermer pour 1 mois et parfois plus longtemps.
C'est donc ce modèle de société là, que l'ensemble de la bande des néoconservateurs voudrait importer en Haïti, comme le "riz Miyami" du reste qu'ils sont arrivés à obliger la population haïtienne à consommer.
Et croyez-moi, cette histoire d'importation de riz a créé des milliardaires !
Donc, de même qu'on a eu droit à une charge médiatique pour faire accepter à l'opinion publique que la privatisation de la Téléco était "non négociable", de même nous avons eu ce ballon d'essai avec M. Ericq Pierre qui nous avait chanté les louanges de la privatisation dans le journal " Le Matin", of course.
En même temps qu'un autre angle d'attaque est lancé à travers de nombreux articles sur l'état déplorable des prisons, -sans que d'ailleurs rien ne soit fait pour l'améliorer- par d'autres voix appartenant également aux mêmes milieux. L'attaque est concertée, comme dans le cas de la Téléco, où volontairement on laisse dépérir l'entreprise d'un côté, et de l'autre on se lamente sur sa mauvaise gestion. C'est un truc mis au point pour briser les résistances à une politique à laquelle la majorité n'adhère pas.
Mon hypothèse à moi, totalement personnelle qui vient de l'observation de la marche des affaires politiques/économiques depuis 2004, c'est que cette "incurie" était délibérée.
A mon avis, c'est encore une fois une hypothèse, cette stratégie est celle de "la stratégie du choc" décrite par Naomi Klein. C'est-à-dire qu'on plonge les gens dans un tel chaos que, finalement, ils ne peuvent qu'en arriver à souhaiter, dans le cas d'Haïti la tutelle du pays qui leur est présentée comme le seul remède à leurs malheurs.
Il me paraît que le silence du gouvernement et son absence totale de réponse à la catastrophe considérés comme un signe d'incompétence, relevaient plutôt d'un plan établi d'ouverture aux capitaux privés de l'ensemble des institutions de l'Etat. Haïti serait devenu, le premier pays au monde à fonctionner comme une entreprise.
Disons que ce plan n'a pas marché. Pour l'instant, Les Haïtiens étant encore, malgré tout ce qu'ils ont vécu, attachés à l'idée d'une souverainneté de leur pays, même s'ils savent qu'elle est toute relative puisque les axes économiques sont décidés à l'étranger.
Déposé en décembre devant le Conseil, l'examen du projet a été finalisé la semaine dernière, précise encore la ministre du Commerce qui annonce que d'ici six mois cette zone franche sera opérationnelle. Parmi les investisseurs ayant contribué à la réalisation de ce projet, la titulaire du Commerce salue particulièrement Georges Soros gérant de Soros Economic Development Funds qui a soutenu diverses initiatives économiques et industrielles en Haïti." Sources Le Nouvelliste.
Vous noterez, que alors même que le pays vit une catastrophe avec des millions de sans abri pour lesquels il n'est pas possible de trouver de l'aide, que la nourriture n'arrive pas aux sinistrés, que les amputations vont bon train, que les morts sont jetés en fosse commune, sans qu'on prenne ni leur identité, et quedes cadavres sont encore jusqu'à présent dans les décombres, le gouvernement et les parlementaires, qui n'ont même plus de local pour travailler, trouvent néanmoins le temps, l'opportunité de signer après la catastrophe ce contrat.
Eh bien, voici un exemple de la "choc thérapie", un exemple de "l'école du monde à l'envers" telle que décrite par l'écriviain uruguayien Eduardo Galéano, où la situation des humains passe bien loin derrière les intérêts des financiers.
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