Le mal
Le mal ne s'accomplit
De jour comme de nuit
Sur les tiens et les miens
Que grâce aux gens de bien
Qui lui font voile de silence
Ou bouclier d'indifférence
En faisant semblant d'ignorer
Qu'ils pourraient faire la différence
Dans cet océan de souffrance
S'ils voulaient seulement sacrifier
Un peu de leur précieux confort
Ce sentiment de satiété
Qui les rend faibles, non point forts
Et qu'ils osent appeler "Bonheur"
Quelle horreur !
Le mal c'est Calley
A My Lai
L'ordre par Kissinger donné:
"Tuez le Chili et Allende"
Un quartier-général
Dans la forêt de Langley
Qui commande: "Pas de quartier!"
"A vos ordres !" Crie le général
Les bourreaux de Fort-Dimanche
Les massacreurs de Raboteau
Les cadavres de Santiago
Noirs contre Noirs à Soweto
Protégeant l'exclusion blanche
Un infirme du cerveau
Entrant à la Maison Blanche
Assassinant par bravade
Maurice Bishop et sa Grenade
Mais le comble de l'obscène
Sur cette sanglante scène
L'alpha, l'oméga de l'horreur
C'est ta complice indifférence
Ton opportune ignorance
Tes mensonges et ta peur
Face aux regards, aux jappements
Des tyrans et des tueurs
Et ta conscience sacrifiée
Aux dictateurs aux petits pieds.
Alors, prophète du grand soir
Mon frère jumeau sans mémoire
A fidélité provisoire
Si un beau salaud tu veux voir
Derrière la porte
Y a un miroir
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