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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Sinon, c’est sans espoir…! - Par Robert Lodimus

Publié par siel sur 21 Décembre 2014, 11:34am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

Sinon, c’est sans espoir…! - Par Robert Lodimus

« En période de révolution méfiez-vous de la première tête qui tombe, elle met le peuple en appétit… » (Victor Hugo)

L’indignation, la désolation et la frustration sociales qui bourgeonnent partout feront exploser tôt ou tard Haïti et le reste de la planète. Des manifestations contre la corruption politique, la piètre gouvernance, l’austérité économique due à la mauvaise santé et gestion des finances publiques éclatent partout. « La faim et le sous-emploi poussent le loup hors du bois. » La rivière détournée cherche son lit… Elle pourrait déborder dans les mois ou les années qui viennent. La terre entière serait engloutie comme du temps du prophète Noé. Et pire encore…! Y aurait-il des survivants à cette terrible catastrophe? De quel côté seraient-ils? Que les mères se ceignent les reins! Tous ces œufs de souffrances matérielles et spirituelles – bien entendu sans nous prendre pour Michel de Nostredame (Nostradamus) – qui sont couvés sur chaque continent, dans chaque pays, ville, village, bourg, quartier, rue, maison, foyer… demeurent des signes avant-coureurs de grands bouleversements sociopolitiques mondiaux. Fasse le ciel qu’ils n’éclosent pas en hiver…! Ceux qui marchent, finissent toujours par arriver quelque part…

Les temps sont durs. Survivre est devenu un mât de cocagne pour les peuples de la « Périphérie ». Également pour les marginalisés du « Centre ». Les petites gens abasourdis déploient des efforts surhumains pour ne pas se noyer sous les flots de la paupérisation. Céder aux vagues de la pauvreté. Et sombrer, comme un navire en détresse, dans cette tempête de misère qui souffle avec rage, méchanceté et désespoir.

Les multinationales suppriment de temps en temps des millions d’emplois et poussent expressément le salariat au banc du chômage. Sans aucun ou avec un mince filet de protection sociale. Au mépris total ou en l’absence d’une Loi. L’État bourgeois a mis en place un système bancaire qui s’est érigé en un réseau légal de « gangstérisme » de l’économie et de la finance. D’ailleurs, les banques, dans le système monétaire moderne, sont incontournables. Elles dictent leurs lois. S’enrichissent de façon éhontée sur le dos des ouvriers, journaliers, employés, petits fonctionnaires...

Les citoyennes et les citoyens n’ont pas de vie intime. Les meneurs de l’impérialisme accèdent facilement à leurs dossiers les plus secrets. Si quelqu’un a déjà volé un bonbon à l’âge de cinq ans, séjourné en prison pour s’être battu en pleine rue avec un ami taquin, a été interné dans un centre psychiatrique, le patronat détient le pouvoir de vérifier toutes les informations sérieuses ou anodines concernant cet individu avant de lui refuser ou accorder l’emploi.

Le puissant instrument de contrôle de masse s’appelle l’informatique. La télécommunication sert avant tout les méthodes d’espionnage mises en place par les dirigeants politiques occidentaux qui sont eux-mêmes au service de la « mafia » économique et financière globalisée. L’ordinateur, le téléphone maison, le cellulaire… – en dehors de leur pouvoir d’utilité – sont également des instruments de nuisance et de persécution, même pour le commun des mortels. Les troublantes révélations faites par l’américain Edward Snowden, actuellement réfugié en Russie, autour des pratiques illégales et abusives de surveillance électronique développées et entretenues secrètement par les gouvernements dominants nous ont fait réaliser l’ampleur du problème lié à la violation arbitraire des droits de communication des peuples. Nous ne sommes plus des êtres humains; mais plutôt des « numéros » dans le corps sociétal. « Madame, monsieur, veuillez nous dire votre code d’identification… ». Ou encore « On sert le 193 B… » C’est le phénomène de la « dépersonnalisation » de l’espèce humaine… Les chiffres ont remplacé vulgairement les lettres de l’alphabet qui composent les prénoms et noms par lesquels nos parents et nos proches nous désignent affectueusement. Notre habitat naturel n’est plus que ruine, souffrance et pollution. Tout se meurt en silence : les humains, les bêtes, les plantes, la mer, les rivières…

Partout, l’État bourgeois utilise la violence répressive pour casser les mouvements revendicatifs et disperser les manifestations pacifiques organisées par les membres de la société civile pour appuyer et accompagner les franges importantes de la population locale qui subissent le contrecoup de l’humiliation socioéconomique. Les gouvernements d’abord colonialistes, puis capitalistes, ensuite impérialistes jouent aujourd’hui cyniquement leur rôle de défenseurs et de protecteurs inconditionnels du « néolibéralisme », ce quatrième géniteur impassible de l’aliénation et de l’exploitation des masses, un phénomène qui s’est accéléré dans un climat de métamorphose depuis l’arrivée de l’ère industrielle.

Maudit le roi, le roi des riches,
Que notre misère n'a pu fléchir,
Qui nous a arraché jusqu'au dernier sou
Et nous fait abattre comme des chiens -
Nous tissons, nous t
issons !
(Heinrich Heine)

Et pourtant, les individus ne se révoltent pas. Baissent la tête. Tendent l’échine et les bras à leurs détracteurs. Comme Cicéron, en lançant à ses bourreaux : « Mourons dans une patrie que nous avons souvent sauvée… » Alors que ses fidèles serviteurs étaient prêts à le défendre courageusement…!

S’ériger en face du compacteur de la globalisation qui aplatit les pauvres exige sacrifice, bravoure, conviction et détermination.

Pierre Rabhi est un philosophe, romancier, poète algérien qui vit en France. À l’instar d’autres intellectuels avant-gardistes, il parle de « pillage organisé » pour dénoncer la mainmise des États du G7 et des puissantes multinationales sur les richesses de la terre. L’auteur établit clairement la différence entre les « besoins vitaux » de l’individu et la recherche du « superflu » qui caractérise la nature insatiable de l’être humain. Le comble du bonheur se limiterait donc, selon l’essayiste et cinéaste, à l’assouvissement de ces quatre nécessités dites essentielles :

• Manger à sa faim;
• Accéder à l’éducation;
• Bénéficier des soins de santé;
• Avoir un logement décent;

Voici comment Pierre Rabhi révèle le récit légendaire qui est à la base de la fondation du « Mouvement Colibri » qu’il dirige :

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »
Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part.
»


Au risque de décevoir les politiciens bornés à la langue fourchue, les universitaires incohérents et baveux, les intellectuels progressistes doivent avoir le courage d’endosser leur responsabilité historique et d’expliquer aux masses populaires que les joutes électorales, de la façon dont elles sont conçues, organisées et imposées par les États capitalistes, ne pourront jamais venir à bout du phénomène de la « pauvreté extrême » sur la planète. Dans de nombreux cas, l’opération de l’urne participe d’un vil complot contre les masses populaires, concocté par le cerveau génial du système national ou international de la « tromperie consciente », au profit de la classe possédante.


N’y a t-il pas vraiment une « nécessité absolue » pour les victimes du système oligarchique de se regrouper et de s’organiser afin de faire face au phénomène de la déprédation mondialisée?

N’est-ce pas aussi à ce carrefour fatidique que se pose l’urgence de l’émergence de Leaders politiques conséquents, responsables, méthodiques, dogmatiques, formés à l’école de la praxie… pour la République d’Haïti et les autres pays qui fléchissent sous le poids de la misère causée par la rareté artificielle de nourriture, l’allumage malveillant des foyers de guerre civile, la détérioration de l’environnement, l’inexistence des services d’éducation pour tous, l’inaccessibilité aux soins de santé pour les marginaux, l’absence de loisir pour les adultes et enfants des quartiers défavorisés, l’interdiction de la libre circulation…

Le changement social – pour les « déshérités » du Sud et du Nord – passe inévitablement par l’apprentissage de l’une des « langues » de la « Révolution » politique et économique.

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