Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Comment l'Etat haïtien arrivera-il à se débarrasser des forces du "faire noir" infiltrées dans tous les milieux ? (mis à jour)

Publié par siel sur 16 Août 2016, 10:25am

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #REFLEXIONS perso

(... ) la Police nationale d'Haïti a procédé à l'arrestation de l'inspecteur principal, Wilbert Emile, pour homicide, port et détention illégale d'arme à feu, trafic d'armes et trafic de stupéfiants. Lors de son arrestation, le 26 juillet 2016, des agents de la PNH ont trouvé à bord de son véhicule, 8,8 kilogrammes de marijuana et une arme illégale (...)
Toujours dans le cadre de ce dossier, Garry Desrosier a souligné que la DCPJ a mis sous les verrous Jean Manold Victoria, un récidiviste qui se trouvait à bord du véhicule de l'inspecteur Emile.

Remarquez que ce Wilbert Emile était inspecteur principal.

On peut être assuré qu'il évoluait dans les meilleurs milieux : "Kijan nou ye chef-la ? Et la famille ? Tout le monde va bien ? - Pa bliye enspektè, nou konte sou ou pou ou mete tout bandi lavalas yo an ba kod. Kenbe fèm. Fok la polis mete  grenn yo nanbunda pou bay peyi a an chans." 

Les "bandi legal" sont les héritiers des miliitaro/macouto/duvaliéristes.

Qu'ils soient passés par Lavalas, Unité, RDNP, OPL, AAA, Bouclier, LAPEH pour finalement revenir à leur maison : au Parti des Haïtiens à la tèt kale ( PHTK).

Ca fait depuis 1957 que ces criminels de père en fils montent et descendent en Haïti.

Quand, sur ce blog, j'expliquais aux lecteurs, en prenant l'exemple du Mexique, que le kidnapping est une industrie et qu'il demande toute une infrastructure : argent, armes, caches, contacts, les " cerveaux lents" n'arrivaient pas à piger. Pour ces demeurés, tout commence et finit par Lavalas. 

L'arrestation de Gregory Brandt ne leur a pas mis plus de plomb dans le cerveau.

Leurs réactions sont les mêmes face à l'affaire Rouzier. Comme si la PNH ne comprenait pas des brigands payés pour faire des false flags à la Guy Philippe pour en faire porter la responsabilité au secteur Lavalas. Comme si les "Lavalas" auraient intérêt avant les élections à commettre des actes arbitraires pour se faire remarquer et dégouter la population de leur donner leurs votes.

Stupidité des cerveaux lents  endoctrinés.

Ils sont dans l'incapacité de comprendre que des gens qui ont fait main basse sur un pays pendant 29 ans, possèdent des réseaux dans tous les milieux de Cité Soleil à Pétion-Ville; au sein de toutes les administrations et institutions : dans la police, la justice, le secteur privé, réseaux qu'ils entretiennent, financent, arment pour déstabiliser le pays et s'enrichir.

L'arrivée de Martelly et son groupe au pouvoir a été l'apogée de cette lutte incessante qu'ils ont mené depuis le départ de Duvalier J-Cl pour garder leurs privilèges en impossibilissant la dite transition à la démocratie.

Ces gens-là, comme Martelly l'a lui-même déclaré, aiment la dictature qui leur permet d'être des chefs hors la loi ( définition de "bandi legal" qui est également celle de l'extrême-droite ).

Les progressistes se battent la coulpe  :" C'est ma faute, c'est ma très grande faute".  Le massacre de la  Ruelle Vaillant, les exécutions des frères Izmery, le  coup d'Etat de 1991, c'était de leur faute. Ils ont été punis pour avoir oser vouloir changer le système.

L'extrême-droite se réjouit de ces actes de contrition, elle qui n'a jamais demandé pardon pour l'avalanche de crimes qu'elle a perpétrés depuis 1957. Et qui  grâcie et décore même ses criminels.

Encore une fois, une transition démocratique ne peut s'opérer sans justice et en intégrant au sein de toutes les institutions des corrompus et des criminels. Ce qu'a expliqué ici à Rajoy, le jeune chef du parti Ciudadanos en Espagne.

Si la dite transition démocratique n'a pas fonctionné, c'est que les progressistes n'ont pas eu le temps  (Coup d'Etat, neuf mois après leur arrivée) le courage (par rapport aux pressions de la CI/USA) ni les moyens ( caisses de l'Etat dépouillées par les duvaliéristes avent leur fuite) de faire le ménage.

Ils ont calculé - ou bien l'ordre leur a été passé - qu'il fallait, pas même amnistier les coupables, mais tourner la page. Faire comme si le passé était derrière. Mais le passé n'a jamais été derrière, il était là, présent, tapi au sein des institutions, boycottant systématiquement toutes les tentatives de changement.

Il faut dire également, que ceux qu'on range dans le camp des progressistes en Haïti, n'étaient pas imbus du poids du macouto/militaro/duvaliérisme dans la société et surtout de son empreinte abêtissante sur des gens  - dont eux-mêmes -   qui avaient été élevés dans ce système anti-démocratique, où le chef fait ce qu'il veut - sak pa kontan anbake - qui était leur seul repère de fonctionnement. 

Cette réapparition du militaro/macouto/duvaliérisme sous sa forme Tèt Kale bandi legal, n'est pas tombée du ciel.

Elle est la résultante d'une longue et féroce lutte menée par les réactionnaires pour détruire le processus de passage à la démocratie. Et, ipso facto, pour maintenir la majorité de la population dans la peur et la servitude volontaire : fèmen djol ou.Tu te soumets, ou tu fous le camp, ou on te tue. "Point boul. Aussi simple que ça" ( Courtoisie V. Numa de Vision 2000).

Ce n'est pas non plus une coïncidence si, avec ce retour officialisé du fascisme, les insultes, les injures, le kaka-bounda, kaka hareng, qui font partie intégrante des modes d'expression de l'extrême-droite, s'exhibent - comme certains adorent montrer leur cul en culotte tanga -  dans les échanges sur les réseaux sociaux.

Les pro-démocrates ont commis sans doute un tas d'erreurs. La plus grave était d'ignorer que le terrain était aussi miné. Et que le rapport de forces, même si la majorité de la population était de leur côté, ne leur était pas favorable. Rapport de forces à l'intérieur du pays : églises catho, protestantes, vaudou, oligarchie des affaires, bourgeoisie;  et à l'extérieur : "les amis d'Haïti "  contre une poignée de progressistes,  parmi lesquels une majorité d'opportunistes.

Ces progressistes, pour des raisons qui m'échappent, dans la mesure où il s'agissait de lettrés qui auraient dû savoir, en regardant autour d'eux dans les pays qui ont subi une dictature (Chili, Argentine, Brésil)  que le départ de Duvalier ne signifiait pas la fin  du duvaliérisme. Qu'il y avait le "Duvaliérisme après Duvalier" comme le dit le titre  du livre de G. Barthélemy.

Et que, comme disait Bertold Brecht, concernant le fascisme :  «Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde». 

A ce propos, je vous conseille vivement, la lecture de sa pièce de théâtre "La résistible ascension d’Arturo Ui " qui a bien des égards rappelle  le dap piyan de M. Martelly et de sa bande rose sur Haïti.

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents