En tant que Coordonnateur Lavalas à Paris, j'ai eu l’occasion d'écouter et de voir la rediffusion sur la chaîne haïtienne de France, HLIVE d’une interview de Moise sur Télé Métropole. La première remarque que je me suis faite, c'est que Moise centrait tout sur sa personne. Il a vite fait d'oublier qu'il était maire et sénateur de Fanmi Lavalas et que son carnet d'adresses dans certains pays d'Amérique Latine, il l'a construit grâce au parti.
Mais Moise " c'est moi je ". Et quand il emploie "le nous" pour la première personne du singulier, "je" c'est une catastrophe. Ce n'est pas une question de langue puisque Jean Charles Moise s'exprime très bien en créole. L’emploi du « nou » à tort et à travers semble une tactique pour dissimuler son égocentrisme.
Moïse, quoi qu’il fasse ne sera toujours qu'une photocopie du Président Aristide. Et pour cause, les relations du président Aristide en Amérique en général lui ont permis d'édifier la Fondation à laquelle collaborent étroitement des personnalités et institutions des deux Amériques et de la Caraïbe pour assurer son fonctionnement. Sympathie et appui sur lesquels Fanmi Lavalas au pouvoir pourra compter.
La deuxième remarque, c’est à partir de la déclaration de Moise Jean-Charles qu'il était socialiste. A l’écouter passer en revue sa politique dont les grands axes se révèlent être un copié/collé des propositions de Fanmi Lavalas, comprises dans le Livre Blanc. Le programme économique et social, voire politique de Jean-Charles Moïse prend sa source dans le Livre Blanc de Fanmi Lavalas. De cet ensemble de propositions, les gouvernements successifs y compris celui de Michel Martelly s'en sont également inspirés.
Or, présentement, Fanmi Lavalas n'a jamais dit qu'il se positionnait dans le courant socialiste ; comme il l'a plus ou moins été au début des années 1990.
Et puis cette histoire, que Moise répète à tout bout champs, à savoir « Moun ki gen milyon pwal gen milya ; et moun ki gen milye pwal gen milyon, e sak pa gen ditou pwal gen milye » n’a aucun sens économique. C'est du charabia pour endormir la population. Il faut qu'il nous dise avec qui : hommes politiques et secteur privé - et comment il va appliquer sa politique. Et comment les gens qui n’ont ni milliards ni millions, ceux qui n’ont rien vont manger, s’éduquer, se soigner. Fanmi Lavalas est très clair sur sa position : « Par l’établissement du partenariat entre les secteurs public et privé. Par le renforcement d’un Etat de droit qui garantisse des politiques ouvertes et durables. Par la justice pour tous, la transparence en tout et la participation de tous. » Extrait du Livre Blanc.*
Je voudrais lui dire, qu'il ne faut pas employer le mot socialiste sans se référer au contenu de son idéologie. Etre socialiste, signifie que l'on est pour la nationalisation des entreprises privés et la renationalisation de celles qui ont été privatisées ou encore créer de nouvelles entreprises d'Etat.
M. Trouillot fait semblant de ne pas savoir que Fanmi Lavalas se positionne au centre gauche. Le parti l'a toujours dit sans ambiguïté. Il n'y a pas longtemps encore Gérard Gilles l'a rappelé sur les ondes.
Le président Aristide a fait sa première visite à Pétion-Ville dans ce cadre là. Il a toujours cru que la solution aux problèmes du sous-développement d'Haïti doit venir des Haïtiens eux-mêmes. Et qu'on n’a jamais laissé le temps à ses gouvernements de terminer un mandat. Ceux qui critiquent à tout bout de champ Fanmi Lavalas, sont ceux-là même qui ont collaboré à l’échec de sa politique.
Où, dans quel pays au monde avez-vous vu un gouvernement – de plus dans le cas particulier d’Haïti sortant d’une dictature laissant le pays dans une situation économique, sociale et politique catastrophique,-obtenir des résultats en 7 mois ?
Puis, après une interruption de 3 ans, tenter de remettre le moteur en marche pendant 1 an un demi. Puis, à nouveau se retrouver dans une situation chaotique créée par ceux- là même qui réclament à tue-tête la démocratie, comme pour mieux l’enterrer.
Je sais bien que certains Haïtiens croient au miracle… Mais la politique n’est pas une affaire de « pwen », mais de programmes et de continuité pour réaliser ces programmes.
Les duvaliéristes sont restés officiellement 29 ans au pouvoir, puis 4 ans à travers le gouvernement des militaires, puis 3 ans avec celui de Cédras, Et ensuite, officieusement de 2004 à 2006. Et à nouveau officiellement de fév. 2011 à fév. 2016.
Calculez le nombre d’années, comparativement à celles des gouvernements Lavalas, et constatez les résultats en matière de services de santé, d’éducation, d’infrastructures routières…Etc.
Il faut faire une rupture avec cette politique néo-féodale qui soutient le statu quo. C’est la position de Fanmi Lavalas.
Désormais, l'Etat doit trouver, dans le contexte capitaliste qui nous est imposé, le moyen de jouer ses fonctions régaliennes tout en appliquant une économie de marché.
Notre priorité c'est la déflation du prix des produits de consommation de masse pour donner à manger aux démunis. Etablir une politique de croissance pour l'emploi et l'exportation en aidant les petites et moyennes entreprises et le paysannat. Les sources de revenus pour participer à la croissance avec le secteur privé doivent s’appuyer comme partout dans le monde sur une politique fiscale.
En même temps, Fanmi Lavalas veut mettre de l'ordre dans l'Administration en diminuant sensiblement les avantages absurdes attribués aux ministres, aux députés et sénateurs, etc. Tout le monde doit participer aux efforts du développement. Cela doit passer d'abord par les hauts fonctionnaires de l'Etat. Réduire la corruption dans les finances et dans les contrats de l'Etat avec les partenaires privés en pratiquant une politique de transparence pour éviter les pots de vin. Tout ce revenu devra être injecté dans l'agriculture. Pourquoi pas une banque de crédit de développement agricole et pêche où l'Etat pourrait être majoritaire dans le capital de cette banque ?
Tout le monde sait que les aides extérieures sont rarement allouées pour appliquer une politique de développement d'une industrie nationale, d’aménagement du territoire, ou d'investissement dans le social.
Commenter cet article