L’Affaire des individus armés arrêtés en Haiti
J’ai occupé la fonction de juge pendant au moins 20 ans en Haïti. J’ai travaillé comme juge de Paix à Montrouis, Commissaire du Gouvernement à Saint-Marc, juge près le tribunal de première instance de Saint-Marc, Juge et Juge d’Instruction près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, juge et juge d’instruction près le tribunal de première instance des Gonaïves. J’ai instruit les dossiers les plus délicats dans le système à savoir : l’Affaire Raboteau, l’assassinat de Jean-Léopold Dominique, l’assassinat de Mireille Durocher Bertin, l’assassinat d’Yves Vole. J’ai été nommé juge spécial pour instruire les dossiers de stupéfiants etc. J’ai rendu l’ordonnance dans l’assassinat de Jean-Marie Vincent, le dossier des déchets toxiques aux Gonaïves, le massacre de Jean-Rabel, les poursuites contre le père Gerard Jean-Juste, les poursuites contre Andy Apaid, et Judith C. Roy etc.
Je connais le système judiciaire pour lequel j’ai écrit plusieurs ouvrages : Le Procès des Timbres, La Cour de Cassation Face à la Réforme Judiciaire en Haïti, La Problématique de la Réforme Judiciaire en Haïti. J’ai enseigné à l’Académie nationale de Police, avant de devenir Formateur et Directeur des Études pendant cinq ans à l’École de la Magistrature. J’ai enseigné le droit à l’Université… Diplômé à la Faculté de droit à Port-au-Prince (1984-1988), je suivis des formations spéciales : École de la Magistrature de Paris, École de la Magistrature de Bordeaux, CIFAD (Centre interministériel de Formation Anti-drogue, Fort de France). Mon Dieu, je maîtrise le système : ses points forts et ses faiblesses…
Quelle fut ma déception quand je constate que la justice dans mon pays est incapable de traiter le dossier des terroristes arrêtés en flagrant délit et qui circulent avec des armes lourdes à Port-au-Prince. Certains disent que ces individus sont des voleurs, d’autres répètent qu’ils avaient une mission spéciale dans le pays… Qu’importe les motifs de leur présence sur le territoire national.
Ils sont des terroristes, des criminels, qui doivent être jugés en Haïti. La décision de leur transfert aux États-Unis est une autre preuve qu’Haïti est une « République bananière ». Un exemple parmi tant d’autres qui démontre que le pays est à refaire.
Jean Senat Fleury...
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