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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


La sécurité, l’alpha et l’oméga ! Par Sergo Alexis et Huguette Grenz

Publié par Sergo Alexis et Huguette Grenz sur 15 Juillet 2024, 19:40pm

Catégories : #AYITI ACTUALITES, #AYITI EXTREME DROITE, #AYITI ECONOMIE, #PEUPLE sans mémoire..., #DUVALIER

Malgré l’opposition farouche de différents secteurs en Haïti, un premier contingent de 200 policiers kenyans (et non les  400 annoncés dans les média) de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) est arrivé sur notre sol, le 25 juin 2024. Mille policiers étaient pourtant prévus et le gouvernement en espère 2.500 qui devraient être composés d’Africains et de Caribéens. Dans la foulée, le gouvernement américain a envoyé en Haïti, le 7 juillet dernier, quatre nouveaux véhicules blindés pour renforcer les autres matériels policiers et militaires déjà arrivés sur place. Si le Département d’Etat luttait effectivement contre les trafics des armes et des munitions, comme le prétend le président Biden, ce serait un grand pas pour en finir avec l’insécurité en Haïti !

Il est impératif que la police, avec l’aide des Kenyans, redouble d'efforts, pour non seulement contrer les délinquants, mais également prévenir leurs actes nuisibles. Le chef de la police haïtienne, Normil Rameau  dans une conférence de presse, a récemment assuré à la population haïtienne qu’il arrivera à bout des gangs, tout en sollicitant sa collaboration. Aux terroristes qui venaient de commettre plusieurs cas de kidnappings ces derniers jours, il a lancé : « La récréation est terminée ». 

On apprend que des opérations conjointes de la PNH avec les policiers kenyans sont prévues mais Normil ne donne pas de date, car pour l’instant, les forces de l’ordre seraient dans un cadre « d’évaluation et de planification ». Le numéro un de la police promet toutefois que ses agents interviendront maison par maison, quartier par quartier, ville par ville pour mettre un terme au grand banditisme. 

Espérons-le car la population n’en peut plus. Si les autorités parviennent à contrer efficacement l'insécurité omniprésente à Port-au-Prince et dans ses périphéries, nous pourrions enfin envisager une reprise fluide du mouvement des personnes et des biens. L'escalade de la criminalité, un fléau que les administrations précédentes n'ont pas réussi à endiguer, a récemment atteint des niveaux dramatiquement élevés. Cette situation semble désormais si critique que le recours à des forces de police étrangères est devenu nécessaire, témoignant de l'incapacité des seules forces locales à surmonter ce défi.

Actions de la police

Il est vrai que la police a mené quelques opérations significatives contre les malfaiteurs. Par exemple, elle aurait repris le 7 juillet dernier l’Hôpital général, qui servait de lieu de refuge  aux bandits durant cinq longs mois pour mener des attaques armées contre le Palais national. Cette récupération a permis au Premier ministre Garry Conille et au Conseiller présidentiel Gérard Gilles de visiter les lieux, le 9 juillet dernier, pour évaluer les dégâts causés par les bandes armées.

Toutefois, il serait réducteur d'attribuer sa dégradation uniquement aux gangs - ils l’ont achevée. Les locaux avaient subi d'importants dégâts à la suite du tremblement de terre. Les fonds alloués pour la reconstruction de Port-au-Prince, comprenant la rénovation de l’Hôpital universitaire, ont été « volatilisés » sous le premier gouvernement du Parti haïtien tèt kale (PHTK). Maintenant, il va falloir à l’Etat haïtien de réparer tous ces préjudices matériels et sociaux : rénover l’établissement, réinstaller des équipements médicaux et réintégrer le personnel hospitalier

La PNH a aussi annoncé la reprise du commissariat de la commune de Gressier  pris d’assaut par des bandits entre le 30 juin et le 1er juillet. Les répliques de la PNH sont louables, mais largement insuffisantes. Il faut aussi savoir prévenir. Car les bandits ont eu le temps de tout casser et d’emporter tout ce qui pouvait leur être utile et faisant plus d’une vingtaine de morts sur leur passage, selon des témoins. 

C’est pourquoi il est important de laisser du temps à la PNH et aux Kenyans afin de mettre en place des stratégies pour engager des actions efficaces contre les terroristes. Élaborer en amont des tactiques de prévention est certainement plus utile que d’intervenir après que le mal a été déjà fait.

Parler aux jeunes

Certaines organisations de la société civile, émues ou choquées par la mort prématurée de jeunes délinquants, entraînés dans la criminalité par manque de perspectives, proposent de les intégrer dans l'armée pour les réhabiliter. Bien que méritoire, cette idée se heurte malheureusement à des obstacles pratiques. Seuls quelques individus, probablement minoritaires, pourraient véritablement souhaiter s'extraire de ce cycle. La grande majorité de ces individus semble irrécupérable, ayant adopté un mode de vie marqué par la facilité et la dérive. Engagés dans une spirale de violence, d'abus de substances (drogue) et d'actes répréhensibles (vols, viols, assassinats et trafics en tous genres), ils ont progressivement érodé leur sens moral et éthique, rendant leur réforme particulièrement complexe, pour ne pas dire impossible.

Nous croyons que la prévention par la communication serait plus efficace. Les autorités policières et les éducateurs devraient mener une campagne d’information et de sensibilisation pour encourager les jeunes délinquants qui sont récupérables à abandonner la criminalité en en soulignant les dangers. Pour ce faire, les responsables gouvernementaux devraient aménager des espaces sécurisés pour les accueillir afin d’éviter qu’ils deviennent les proies des chefs de gangs qui les considéreront comme des traites. De même, les formateurs doivent dissuader les autres jeunes d’emprunter cette voie illégale et risquée. Les écoles, les églises, les partis politiques, ainsi que les organisations socio-professionnelles et institutionnelles comme le Protecteur du citoyen, doivent s'engager activement. Comme on le dit souvent, mieux vaut prévenir que guérir. Car, nombreux de ces jeunes originaires des quartiers populaires sont des victimes de la société inégalitaire haïtienne. 

Quant aux chefs et autres sous-chefs de gangs qui ont déclaré la guerre au peuple haïtien, on constate qu’ils commencent à craindre autant que la population qu’ils terrorisent. Mais la peur n’a pas encore changé de camp comme le prétend la primature. Ces gangsters voient probablement apparaître la fin de leur règne se profiler à l’horizon et semblent vouloir négocier avec le gouvernementMais il n’y a pas d’autres solutions : il faut les mettre hors d’état de nuire. Ils doivent se rendre et remettre aux forces de l’ordre toutes les armes en leur possession. C’est en tout cas le message que leur a envoyé le Premier ministre Gary Conille, accusé à tort par certains de vouloir négocier avec ces terroristes.

La sécurité est l’alpha et l’oméga de notre avancement. Faillir à nouveau n'est pas une option : l'enjeu dépasse le simple confort du quotidien, il s'agit de l'avenir de nos enfants et de la prospérité de notre nation. Alors messieurs, la nation attend sans délai des actions concrètes contre le terrorisme en non plus des paroles d’espoir pour l’endormir !

 

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