Bonjour, Bonsoir,
Dans l'attente de la publication de la seconde partie du bilan des 40 années de l'errance démocratique haïtienne, sous le leadership des élites insignifiantes et indigentes, je viens partager quelques réflexions en vrac avec ceux et celles, minoritaires, qui ont le goût de la vérité, assument la pédagogie de la pensée critique comme posture d'esprit pour s'ouvrir à des récits qui sont en rupture avec les idées hautement médiatisés , car toujours alignées sur les intérêts des groupes dominants.
D'abord, faisons un clin d'oeil à l'affaire Epstein en faisant une mise en comparaison avec l'affaire PetroCaribe: En effet, l'affaire Epstein est pour les élites indigentes occidentales, ce que l'affaire PetroCaribe est pour les groupes sociaux, économiques et politiques mafieux qui sont au sommet du leadership haïtien: un abysse de puanteurs dans lequel vautrent ceux et celles qui ont la renommée et la fortune suffisantes pour être plébiscités par les médias, et socialement acceptés, malgré leurs médiocrités évidentes. On se rappelle que les journalistes de Magik 9 qui sont aussi pour une grande partie des journalistes du Nouvelliste avaient du bec et des ongles défendus Réginald Boulos quand il avait dit , au départ de Laurent Lamothe comme Premier Ministre, qu'il était impossible de faire l'audit du dossier PetroCaribe, car ce sont toutes les structures de la société qui y ont pris part à cette mise à sac du trésor public. Par toutes les structures de la société, il voulait dire évidemment, le secteur privé, les grands médias, les banques, les associations socioprofessionnelles, les acteurs non étatiques, les organisations de droits humains et les politiciens. Et ce qui s'en est suivi en Haïti, avec la précipitation du pays vers la gangstérisation sans frontières, par les acteurs influents de ces structures sociales, annonce ce qui suivra pour le monde avec l'affaire Epstein: Ces élites brûleront la planète, s'il le faut, pour empêcher que la vérité totale éclate au grand jour sur ce dossier.
Faut-il,au passage, rappeler que tous ceux et toutes celles qui, en 2017, parlaient de l'existence d'un réseau international de milliardaires pédophiles, se livrant au trafic d'êtres humains dans le monde entier, étaient déclarés complotistes par les médias ? Cette affaire qui a été médiatisée sous le nom de Pizzagate a certainement des ramifications avec l'affaire Epstein. En tout cas la grande leçon, dans tout cela, est la suivante : Les valeurs et les droits promus par l'Occident, par le biais des grandes organisations internationales, des grandes fondations culturelles et aussi des grands instituts universitaires, ne sont pas toujours pour le bien de l'humanité. C'est par insignifiance que beaucoup refusent de comprendre que tout ce que promeut l'occident contient une part d'enfumage voilée par une valeur ambivalente qui sert d'attraction.
Je me propose de vous apporter sous peu la preuve que l'insignifiance dans mon argumentaire n'est pas qu'une banale insulte adressée aux réseaux académiques, médiatiques et culturels haïtiens. Elle est un concept structurant dans la raisonnance de l'axiomatique de l'indigence. L'insignifiance est prise comme la manifestation d'une incompétence éthique et épistémique. Elle caractérise les postures de ceux et celles qui, consciemment ou inconsciemment, abandonnent toute intelligence et toute dignité pour acquérir la flexibilité qui permet de s'accrocher aux privilèges maintenus dans les basses eaux culturelles. ILs sont insignifiants car ils deviennent incapables ou refusent de donner sens aux paradoxes et incertitudes du monde, et naviguent ainsi dans une permanente incohérence., Ils sont toujours dans le vent pour promouvoir les valeurs dominantes, sans se douter qu'ils sont les cobayes d'une instrumentalisation par laquelle le système leur donne un rayonnement qui doit servir , en temps et lieux, pour éclairer les passerelles où se tiennent ceux et celles appelés à offrir les adjuvants aux affreux et médiocres. Martelly, Jovenel, Ariel, Fils-Aimé n'auraient pas triomphé sans les légions des insignifiants qui peuplent les médias, les universités, les partis politiques, les associations socioprofessionnelles.........
D'ailleurs, parlant de Didier Fils-Aimé, il est utile de rappeler qu'il est le fils d'un grand militant de gauche qui a été un des fidèles lieutenants de René Préval. Cela montre en passant l'imposture de nombreux de ces militants de gauche qui après 1986 sont venus en Haïti vendre l'évangile de l'anti néolibéralisme au peuple, alors que leurs enfants ont la nationalité étrangère, étudient dans les universités étrangères, font carrière dans les armées étrangères. J'aurais pu être victime de ces imposteurs de gauche, car un certain courant politique proche de Haïti Progrès, journal dans lequel j'écrivais sous un pseudo en 1987, m'avait approché, alors que j'avais 19 ans, et m'avait proposé d'abandonner mon projet d'entrer à l'Université pour devenir militant politique. C'est de là que vient une grande partie de mon aversion pour ces pseudos militants de gauche en Haïti,.dont du reste la grande majorité forme un bastion de petits agents, de courtiers ou d'hommes de main de la CIA.. Un ancien ministre de l'intérieur en 1987 sous le CNG, éminent représentant des droits humains pendant le règne de Baby Doc, avait confié à son entourage immédiat que "toutes les organisations officiellement reconnues en Haïti sont infiltrées au plus haut sommet de leur hiérarchie jusqu'à leur base". Fin de citation. Apparemment, même le Parti Unifié des Communistes Haïtiens (PUCH) n'a pas été épargné par cette infiltration. Il est difficile, par-delà les verbiages militants, de dire qui militait vraiment ou espionnait pour l'empire. Comment ne pas rappeler ce paradoxe éloquent : c'est l e sulfureux ambassadeur américain, Bourik Chaje, qui a été le parrain de noces de feu René Théodore, lequel, de son vivant, était le secrétaire général du PUCH.
J'avais très tôt compris que pour intelligibiliser les postures ambivalentes des acteurs sociaux haïtiens, il fallait apprendre à donner sens aux paradoxes. Ce n'est pas par hasard que je suis venu à la complexité..
En attendant, je partage avec vous quelques-uns de mes conceptogrammes, pour rendre compte un peu plus de la cohérence de ma raisonnance sur l'indigence, au cas où un accident de parcours (programmé par le système) m'empêcherait d'aller au bout de sa vulgarisation.
Le premier modélise le triptyque défaillant qui caractérise l'État haïtien, perçu dans sa shitholisation, par l'abandon de l'intelligence collective, provoqué par la rupture des liens de responsabilité, d'authenticité, d'altérité et d'intégrité entre population, leadership et territoire. Dans l'enracinement, Simone Weil a bien montré combien le déracinement au sommet et la déshumanisation à la base formaient un sillon structurant pour l'effondrement humain.
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Le deuxième illustre les 4 dimensions de l'impensé responsable de la shitholisation d'Haïti :: le vide stratégique, l'insignifiance culturelle, la gangstérisation de la société et le déracinement territorial.
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A la différence de ceux et celles qui récitent les dogmes des grandes idéologies anarchistes, communistes, léninistes, tout en m'appuyant sur la puissance de la dialectique, je fais un effort réflexif de pensée autonome pour expliquer l'errance haïtienne comme manifestation d'une complexité dont le jeu de rôle (double jeu, malice, marronnage déviant) des acteurs sociaux est une composante signifiante. Comme l'a écrit Alain Caillé, il se peut que l'une des principales raisons de notre incapacité à sortir du néolibéralisme planétaire reste un certain déficit de ressources théoriques et de lacunes philosophiques qui nous empêchent d’aller au-delà des grandes idéologies de la modernité (libéralisme, socialisme, anarchisme ou communisme) .pour voir le monde dans le prisme d'une complexité qui invite à placer l'humain et ses postures de corps et d'esprit au centre des dynamiques sociales.
Mais abandonner ses certitudes doctrinales pour apprendre à penser le monde par soi-même demande une capacité de problématiser, de remettre en question, de prendre le risque de s'opposer à ce qui est promu en haut lieu de pouvoir et de savoir, pour faire surgir l'inespéré. Et c'est justement ce dont sont incapables les réseaux culturels, académiques et médiatiques haïtiens, car trop attachés à leur rayonnement par endettement éthique. Et pour ceux et celles qui veulent comprendre comment s'est construit le voile de cette gangstérisation sociale qui ne cesse de shitholiser le pays, voici une dernière carte conceptuelle pour la route. Par insignifiance, le lettré haïtien renonce à sa capacité d'utiliser le savoir comme arme pour s'opposer à l'autorité et assume le vide stratégique comme zone de confort pour se mettre à l'abri des grandes précarités sociales. Là, dans toutes ses interactions, il va privilégier dans l'écosystème les connexions malicieuses, lesquelles ont besoin en permanence d'un binôme porté par une crapule (accréditée ou élue) et un couillon (assumé ou promu). C'est cet écosystème de liens structuré par les postures Malicieuses, crapules et Couillonnes qui vont faciliter, par cécité, surdité, opacité, complicité, l'émergence de la Médiocrité, de la Corruption et de la Criminalité.
D'où l'équation de l'errance qui a structuré par gangstérisation polymorphe stratifiée la shitholisation du pays. :
Voilà comment je mets à contribution mon peu de rayonnement pour donner sens aux défaillances de mon pays.
A bientôt
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