L'OPINION ÉTRANGÈRE CHOQUÉE PAR LE SPECTACLE
DE LA MISÈRE DES HAITIENS RÉDUITS
A SE NOURRIR DE TABLETTES DE TERRE
La télévision française a montré, fin janvier, des enfants haïtiens des bidonvilles. se nourrissant de galettes préparées avec de la terre (argile). Ces images ont causé un grand émoi dans la population française qui découvrait en même temps que la plupart des haïtiens une réalité plus grave qu'on ne l'imaginait.
" Haïti Échanges " vous communique le reportage de Jean-Pierre Arisma de l'Agence Syfia, du 30/06/2006..)
Car savoir concrètement sa réalité est le premier pas de la solidarité avec le peuple haïtien.
Elle prend son argile dans le Plateau central. "Là-bas, le sac de 50 kilos ne coûte que 250 gourdes (environ 5 €)", explique-t-elle. Elle mélange ensuite la terre avec de l'eau, y ajoute un peu de beurre et de sel, puis filtre la boue ainsi obtenue dans une bande de tissu afin d'en extraire le gravier et autres débris. La boue est alors moulée en disques de deux centimètres d'épaisseur aux dimensions d'un CD, qui sont ensuite séchés au soleil. "Je prépare mes tablettes dans de bonnes conditions afin que personne ne prétende qu'elles sont sources de maladies", dit la marchande, en lissant sa robe crasseuse d'un geste absent.
À Anse Rouge, une commune perdue du département du Nord-Ouest, 700 personnes fouillent le sol à la recherche de l'argile, qu'elles mettent ensuite en sac. Au total, plus de 2 000 familles vivent de ce commerce dans cette commune oubliée, à moins de 200 km - et plus de 12 heures de route - de Port-au-Prince. "Mon équipe travaille ici depuis huit ans et aujourd'hui, grâce à la terre, nous avons de quoi éduquer nos enfants", se félicite Emmanuel Dieulifèt, un paysan.
Direction Cité Soleil
Altagrace n'est pas la seule marchande de terre alimentaire en Haïti. À mesure que la misère augmente dans les bidonvilles et certaines zones rurales touchées par la sécheresse, ils sont nombreux à exploiter ce nouveau filon. "Moi, je fais de grands progrès dans ce commerce", se vante Chambon, un grossiste de Port-au-Prince. "Des familles très pauvres ont vu leur situation économique s'améliorer grâce à cette activité", confirme Armand Nozé, un ancien maire de Plaisance du Sud.
L'avis des autorités de santé publique (ou plutôt le non-avis des...)
Jusqu'ici, les autorités ferment les yeux sur cet usage risqué pour la santé publique, qui ne répond à aucune tradition. "Nous voudrions en finir avec cette pratique, dit Rodolphe Malebranche, un ancien ministre de la Santé publique. Mais comment l'empêcher si les gens qui en font le commerce n'ont pas d'autre activité économique ? Chose certaine, c'est une honte pour nous."
" La consommation de terre à des fins alimentaires affecterait la santé de la population, selon un chirurgien qui dit constater une nette augmentation des crises d'appendicite aiguë en Haïti, à l'origine de nombreux décès. " Depuis que les Haïtiens ont introduit cette pratique dans leurs habitudes, le taux de personnes atteintes d'appendicite augmente considérablement à l'hôpital, s'inquiète le docteur Jean Louis Godson, de l'hôpital de l'Université d'État d'Haïti. L'appendicite est la première cause de nos interventions chirurgicales et cela résulterait en grande partie de la consommation de terre. "( 30/06/2006, Haïti Jean-Pierre Arisma) (Syfia Haïti).
Créée en 1988, Syfia international est une agence associative qui regroupe 10 agences de presse et un réseau de 70 correspondants qui couvrent 35 pays.
http://www.haitiechange.org/nouvelles.htm
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