Piégeur piégé se réfère à un article paru dans le journal "Le Matin de Boulos"
Le titre : Le piège
L’auteur : l’éditorialiste du journal « Le Matin de Boulos »
http://www.lematinhaiti.com/Article.asp?ID=15211
Ces quelques extraits que j'ai choisis de commenter
ont été sélectionnés par moi-même/même.
Eh oui, mesdames et messieurs
c'est moi-même/même qui écris,
qui prends mes propres responsabilités
sur mon propre blog.
Chacun étant libre de ne pas les lire.
Donc les extraits choisis ci-après
2-Nous savons que la corruption est systémique en Haïti; elle opère à plusieurs niveaux gangrenant l’État et la société; nous savons que, faute de pouvoir contenir l’explosion démographique, nous nous retrouvons avec des villes qui défient l’urbanisation contrôlée; nous savons que, décennie après décennie, la terre haïtienne se dessèche, la couverture végétale s’en va; nous savons que l’État haïtien est faible, que nos classes dirigeantes sont défaillantes. Avons-nous besoin qu’on nous le serve et le resserve à toutes les sauces, sur toutes les tribunes, à tout moment ?
4-… Nous nous enfermons dans le piège de l’autodévalorisation sinon de l’autodestruction. J’ai du mal à comprendre pourquoi les Haïtiens pratiquent à ce point l’autodénigrement, me confiait, il y a trois ans, un ambassadeur qui venait d’entrer en fonction à Port-au-Prince. Je n’avais rien à répondre à son interpellation comme s’il voulait s’en prendre à moi. L’histoire des trois dernières décennies est riche en observations de ce genre.
il faut rappeler que cet article est une "roue libre" prise sur l'article de Marcus Garcia
directeur du journal "Haïti en Marche".
L'éditorialiste du journal " Le Matin de Boulos" ne le cache pas d'ailleurs.
A tout Seigneur tout honneur !
1-C'est bien d'être sensible après coup. Mais fallait y penser avant de donner le baton pour se faire battre. Le piège du "bon à rien" s'est retourné sur ceux-là même qui ont contribué à le mettre en place.
2- "La corruption est systémique". Sûrement. Ceci dit il y a de par le monde en ce moment une forte utilisation du mot systémique. La crise financière est "systémique".
Auparavant tout était "conjoncturel".
Le sauveur d'Haïti, "l'homme amoureux de 2 Lexus" pouvait mettre fin à la corruption qui se trouvait être en 2004 "conjoncturelle".
C'était l'époque de "tout est de la faute de.."
Et puis quid de cette forme de corruption qui a financé, pendant 3ans 2001/2004, les organisations dites de la "société civile" ?
En parlant de société civile, cette petite anecdote :
Je prononce "société civile" devant un ami de l'Amérique Latine
Je le vois froncer les sourcils, l'air pas content.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je n'aime pas ce mot de "société civile.
Sa grimace de rejet et son ton sérieux me font éclater de rire.
Et mon rire le gagne.
Ce rire partagé nous fait du bien.
Nous avons en partage les expériences de cette "société civile " soudainement apparue dans l'ensemble de Nuestra America, avec les mêmes techniques et stratégies.
3- J'adore le " Comme si parler sérieusement d’Haïti, de ses problèmes, de ses difficultés autoriserait à dire n’importe quoi" . Ca se passe de commentaires.
4- L’observation du dénigrement des Haïtiens d’eux-mêmes est un fait.
Cependant c’est facile de s’en prendre à " certains milieux » et à une « certaine presse » .
Parce que : qui fournit avec zèle au cours de conversations personnelles,
dans des soirées mondaines
aux fonctionnaires des ONG
et des ambassades étrangères
moult infos croustillantes, anecdotes pimentées, zen plus corsés les uns que les autres sur les us et coutumes "étranges" de leurs compatriotes ?
Qui,par exemple, applaudit des deux mains, prime, les films caricaturaux sur Haïti tels que "Royal Bonbon"
ou " Ghosts of Cité Soleil ?"
L’image d’un pays est avant tout celle que donne à voir son élite.
C'est elle qui a en main les moyens de cette mise en vitrine.
Mais quelle image donnent ces gens-là d’eux-mêmes, de leurs compatriotes, de leur pays ?
Un exemple récent et personnel.
Un ex-conseiller de l'ex- président Aristide, dans une manifestation publique récente, lance une charge terrible sur l'élite haïtienne et notamment les députés/sénateurs qu'il déclare être "tous des voyous".
Je trouve cette généralisation excessive, le lui dis et lui fais remarquer, en forme de boutade, que la preuve qu'Haïti existe bien c'est que lui-même existe médiatiquement parlant.
Il s'est trouvé un artiste haïtien pour bondir de son siège,
s'emparer du micro pour demander à l'ex-conseiller du Président Aristide pardon pour moi,
-Oui, oui, c'est bien ça. Il lui a demandé pardon pour moi la mécréante-
Il affirme haut et fort devant une assemblée en majorité d'étrangers,
Que : oui, les députés et sénateurs de son pays sont tous des voyous.
La preuve l'un d'eux lui avait volé, je ne sais quoi, je ne sais quand...
Et bien sûr que moi-même, "cette dame-là" je faisais partie des personnages douteux
puisqu'il m'avait entendu dire que la cuisine haïtienne n'était pas très élaborée...
Et comme ça pendant je ne sais combien de minutes
il déverse tout un salmigondis d' abracabradantesques élucubrations.
Je n'ai pas assisté à toute la scène parce que pour dire vrai,
j'ai eu honte pour lui, pour nous.
D'ailleurs quand plus tard, j'ai demandé à l'homme de "Haïti n'existe pas"
de me résumer les propos de ce "compatriote" qui avait été si prompt à voler à son secours.
Et bien croyez moi !
L'homme de "Haïti n'existe pas" m'a répondu : "je n'ai rien compris"
Ca, ce n'est qu'un petit détail
Mais comme l'a dit fort justement un intellectuel dominicain :
« Au fond que peut-on penser d’une élite qui boycotte la célébration du Bicentenaire de l'Indépendance de son pays ? »
Wouais que peut-on penser ?
Le balayeur balayé, le piègeur piégé
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