Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Balayeur balayé, piégeur piégé

Publié par Elsie HAAS sur 29 Octobre 2008, 10:44am

Catégories : #AU MATIN DE BOULOS

Le balayeur balayé fait référence  au titre du chanteur  ivoirien Tiken Jah Fakoly en référence au responsable d'un coup d'Etat en Côte d'Ivoire, lui-même renversé par la suite.
www.youtube.com/watch?v=VsnVg0LZmwQ&feature=related - 59k -

Piégeur piégé se réfère à un article paru dans le journal
"Le Matin de Boulos"
Le titre : Le piège
L’auteur : l’éditorialiste du journal
« Le Matin de Boulos »
http://www.lematinhaiti.com/Article.asp?ID=15211

Ces quelques extraits que j'ai choisis de commenter
 ont été sélectionnés  par moi-même/même.

Eh oui,  mesdames et messieurs
c'est moi-même/même qui écris,
 qui prends mes  propres responsabilités
sur mon propre blog.

Chacun étant libre de  ne pas les lire.

Donc les extraits choisis ci-après


1-Je suis sensible à ce sursaut de révolte qui refuse que l’on nous enferme dans le piège du « bon à rien ».

2-Nous savons que la corruption est systémique en Haïti; elle opère à plusieurs niveaux gangrenant l’État et la société; nous savons que, faute de pouvoir contenir l’explosion démographique, nous nous retrouvons avec des villes qui défient l’urbanisation contrôlée; nous savons que, décennie après décennie, la terre haïtienne se dessèche, la couverture végétale s’en va; nous savons que l’État haïtien est faible, que nos classes dirigeantes sont défaillantes. Avons-nous besoin qu’on nous le serve et le resserve à toutes les sauces, sur toutes les tribunes, à tout moment ?


3-Pis : nous semblons nous délecter – dans plusieurs milieux et dans une certaine presse ...Comme si parler sérieusement d’Haïti, de ses problèmes, de ses difficultés autoriserait à dire n’importe quoi

4-… Nous nous enfermons dans le piège de l’autodévalorisation sinon de l’autodestruction. J’ai du mal à comprendre pourquoi les Haïtiens pratiquent à ce point l’autodénigrement, me confiait, il y a trois ans, un ambassadeur qui venait d’entrer en fonction à Port-au-Prince. Je n’avais rien à répondre à son interpellation comme s’il voulait s’en prendre à moi. L’histoire des trois dernières décennies est riche en observations de ce genre.
 
Avant de présenter l' analyse de texte faite par moi-même/même;
 il faut rappeler que cet article est une  "roue libre" prise sur l'article de Marcus Garcia
directeur du journal "Haïti en Marche".
L'éditorialiste du  journal " Le Matin de Boulos" ne le cache pas d'ailleurs.
A tout Seigneur tout honneur !

1-C'est bien d'être sensible après coup. Mais fallait y penser avant de donner le baton pour se faire battre.  Le piège  du "bon à rien" s'est retourné sur ceux-là même qui ont contribué à le mettre en place.

2- "La corruption  est systémique". Sûrement. Ceci dit il y a de par  le monde  en ce moment une forte utilisation du mot systémique. La crise financière est "systémique".
 Auparavant tout était "conjoncturel".
 Le sauveur d'Haïti, "l'homme amoureux de 2 Lexus" pouvait mettre fin à la corruption  qui se trouvait être en 2004 "conjoncturelle".
C'était l'époque de "tout est  de la faute de.."
Et puis quid de cette forme de corruption  qui a financé, pendant 3ans 2001/2004, les organisations dites de la "société civile" ?

En parlant de société civile, cette petite anecdote :
Je prononce "société civile" devant un ami de l'Amérique Latine
 Je le vois froncer les sourcils, l'air pas content.
-Qu'est-ce qu'il y a  ?
- Je n'aime pas ce mot de "société civile.
Sa grimace de rejet et son ton sérieux me font éclater de rire.
Et mon rire le gagne.
Ce rire partagé  nous fait du bien.
Nous avons en partage   les expériences de cette "société civile "   soudainement apparue dans l'ensemble de Nuestra America, avec les mêmes techniques et stratégies.


3- J'adore le " Comme si parler sérieusement d’Haïti, de ses problèmes, de ses difficultés autoriserait à dire n’importe quoi" . Ca se passe de commentaires.


4- L’observation du dénigrement des Haïtiens d’eux-mêmes est un fait.
Cependant c’est facile de s’en prendre à
" certains milieux » et à une « certaine presse » .
 Parce que  : qui fournit  avec zèle au cours de conversations personnelles,
dans des soirées mondaines
aux fonctionnaires des ONG
et des ambassades étrangères
moult infos croustillantes,  anecdotes pimentées,   zen plus corsés les uns que les autres sur les us et coutumes "étranges" de leurs compatriotes ?
Qui,par exemple, applaudit des deux mains, prime, les films caricaturaux sur Haïti tels que "Royal Bonbon"
ou " Ghosts of Cité Soleil ?"

 
L’image d’un pays est  avant tout celle que donne à voir  son élite.
 C'est elle qui a en main les moyens de cette mise en vitrine.

Mais quelle image donnent ces gens-là d’eux-mêmes, de leurs compatriotes, de leur pays ?

Un exemple récent et personnel.
Un ex-conseiller de l'ex- président Aristide, dans une manifestation publique récente, lance une charge terrible sur l'élite haïtienne et notamment les députés/sénateurs qu'il déclare être "tous des voyous".

Je trouve cette généralisation excessive, le lui dis et lui fais remarquer, en forme de boutade, que la preuve qu'Haïti existe bien c'est que lui-même existe médiatiquement parlant.

Et bien, croyez-moi !
Il s'est trouvé un artiste haïtien pour bondir de son siège,
 s'emparer du micro pour demander à l'ex-conseiller du Président Aristide  pardon pour moi,

-Oui, oui, c'est bien ça. Il lui a demandé pardon pour moi la mécréante-

Il affirme haut et fort devant une assemblée en majorité d'étrangers,
Que : oui, les députés et sénateurs de son pays sont tous des voyous.
La preuve l'un d'eux lui avait volé, je ne sais quoi, je ne sais quand...

Et bien sûr que moi-même, "cette dame-là"   je faisais partie des personnages douteux
 puisqu'il m'avait entendu dire que la cuisine haïtienne n'était pas très élaborée...

Et comme ça pendant je ne sais combien de minutes
 il déverse tout un salmigondis d' abracabradantesques élucubrations.


Je n'ai pas assisté à toute la scène parce que pour dire vrai,
 j'ai eu honte pour lui, pour nous.

D'ailleurs quand plus tard, j'ai demandé à l'homme de "Haïti n'existe pas"
 de me résumer les propos de  ce "compatriote" qui avait été si prompt à voler à son secours.
Et bien croyez moi !
L'homme de "Haïti n'existe pas" m'a répondu  : "je n'ai rien compris"

Ca, ce n'est qu'un petit détail
Mais
comme  l'a dit fort justement un intellectuel dominicain  :
« Au fond que peut-on penser d’une élite  qui boycotte la célébration du Bicentenaire de l'Indépendance de son pays ? »

Wouais que peut-on penser ?
Le balayeur balayé, le piègeur piégé



Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents