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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


sur leNouvelliste, Subventionner l'agriculture haïtienne ?

Publié par Elsie HAAS sur 5 Mars 2009, 10:08am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

Extraits
L'exemple africain du Malawi
Partout dans le monde, les bailleurs de fonds imposent aux pays pauvres leurs politiques financières. Le développement de l'agriculture n'est en général pas pour eux une priorité.

 Pourtant le Malawi a délibérément osé contredire ses partenaires financiers en décidant unilatéralement de doubler à partir de 2005 ses subventions agricoles, qui ont ainsi atteint en 2008 vingt milliards de kwachas, soit cent-dix millions d'euros.
 En 2005, le Malawi subissait la pire sécheresse qu'il ait jamais connue, les récoltes n'avaient jamais été si insuffisantes, le pays avait dû rationner sévèrement sa population affamée et importer 400 000 tonnes de maïs, arrivés au compte-gouttes.
 Le président Bingu wa Muthurika est alors devenu lui-même ministre de l'Agriculture de son gouvernement, et le pays a décidé de soutenir la production vivrière du pays.
 Un million et demi d'agriculteurs démunis se sont vu attribués chacun un quart d'hectare de culture de maïs et de quoi se procurer engrais et semences. L'opération a coûté dix milliards de kwachas (53 millions d'euros, 14% du budget national), mais la production de maïs, principale culture vivrière du pays, a aussitôt atteint les 3,6 millions de tonnes, soit plus du double des besoins de la population (14 millions d'habitants, 90% de ruraux).

Cette réflexion, parue sur le site  du journal haïtien, Le Nouvelliste, semble être passée inaperçue au vu de l'absence de commentaires. Pourtant, il répond à une des questions qui sont discutées pratiquement en boucle par les Haïtiens, à savoir comment arriver à une agriculture de subsistance. Un des obstacles majeurs au programme d'autonomie alimentaire,  en dehors des barrières  dressées par les importateurs, se trouve dans le refus des bailleurs de fonds de préter de l'argent  au gouvernement en quantité suffisante pour lancer  de manière viable ce programme.
Cet obstacle paraissait incontournable, vu que le budget de l'Etat dépend à 70% de l'étranger. Donc selon l'axiome " qui donne ordonne" le gouvernement n'a  d'autre choix que de se plier aux injonctions des préteurs.
Ce que montre l'exemple du Malawi décrit dans cet article, c'est qu'une autre voie est possible. Evidemment cela demande une volonté politique de fer.
Comme le suggère l'auteur, le gouvernement haïtien serait bien avisé d'envoyer une équipe sur place pour étudier l'expérience conduite par le Malawi.
Au lieu de dépenser des sommes faramineuses en voyages pour se rendre dans des conférences, que l'on sait déjà qui n'apporteront rien d'autres que le bénéfice de quelques per diem à ceux qui s'y rendent, le gouvernement haïtien aurait tout intérêt à mettre ses quelques sous dans des voyages d'études d'expériences qui ont donné des résultats concrets dans des pays soumis au même régime imposé par les préteurs du FMI et consorts.
Dans ce blog, on avait parlé de l'expérience de la Régie des eaux du Cambodge, aussi en faillite que la CAMEP (régie municipale des eaux en Haïti) confrontée à des problèmes de corruption simiilaires qui est arrivée, grâce à une restructuration imposée par son directeur, non seulement à fonctionner mais à se développer, jusqu'à elle-même commercialiser l'eau en bouteille.On avait également suggérer que le gouvernement haïtien y envoie une équipe de techniciens et même d'ouvriers pour tirer les leçons de cette réussite.
Les Haïtiens n'ont pas  à réinventer  la roue. La coopération avec les gens du Nord  a montré ses limites. Leurs propositions sont en décalage avec les réalités du pays et les besoins de la population. De ce fait, elles agissent comme des pansements sans soigner en profondeur et favorisent une dépendance à vie. De plus, avec la crise économique internationale, ces opérations seront de plus en plus orientées vers une satisfaction des besoins de celui qui en a l'initiative, c-a-d, des pays du Nord.

L'Article :

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=67434&PubDate=2009-02-20

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