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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Dimanche lumière, le dénigrement d’Haïti, une affaire personnelle.

Publié par Elsie HAAS sur 17 Mai 2009, 09:20am

Catégories : #REFLEXIONS perso

Une fenêtre ouverte sur le subconscient ? Grâce au logiciel informatique de Vital Images, il est possible de travailler des milliards de paramètres sur l'image obtenue comme incorporer ici une lumière venant de l'intérieur du crâne. © Rodolphe von Gombergh

Ce matin, en me réveillant,je me suis regardée dans la glace.

J’ai pensé : « Toi, tu as une tête de Moloch tropical. »

Je me suis brossé  les dents.

J’ai pensé : « Oh la la, tu ressembles à une bossale, à une kongo ».

Je suis allée à la cuisine faire le café.

J’ai pensé en attendant que l’eau bout ,  à la réunion de l’assoc. d’Haïtiens, la veille, à laquelle nous n’étions que deux pelés trois tondus. Il paraîtrait que les gens en ont marre de ce « pays le plus pauvre de l’hémisphère ouest ». Ya rien à faire qu’ils disent. Ils ne sont plus motivés.

J’ai bu mon café sans sucre, ces derniers temps le sucre ne passe plus, il a un goût  trop amer.

J’ai pensé à toutes ces paroles que j’ai lu sur Haïti depuis ces 3 dernières années que je tiens ce blog, à  tous ces plans de développement, aux images de Gonaïves dans la boue, à celles des mangeurs de galettes d’argile, aux derniers morts noyés lors de leur folle traversée vers les USA, aux sénateurs/trices, députés/ées, ventripotents/tes,  au jeune homme décapité en RD, au « Moloch tropical » qui occupe un monument historique depuis bientôt 3 mois, à Cinéas et à JR Estimé ressuscités, aux patrons de sweatshops qui refusent le salaire de 200 gourdes à leurs ouvriers, aux tortures à Guantanamo… A tout ça.

Je me suis rappelé que demain, 18 mai, c’était la fête du drapeau haïtien et que la majorité des Haïtiens, malgré tout ça, persistait à rendre hommage à un projet d’égalité et de justice.

Je me suis demandée, où est-ce qu’ils allaient chercher cette force et ce courage dans une si profonde détresse, alors que moi qui suis  relativement confortablement installée, j’en ai les bras et les jambes coupés.

Alors, j’ai repensé à la fable des « Justes »  qui autorise à croire qu’il suffit d’un petit nombre de personnes pour sauver une ville, un pays. Et que depuis 1804, quelques Haïtiens, génération après génération bataillaient  ferme pour un idéal de justice et de beauté.

Alors, alors, la lumière s’est introduite dans la pièce, s’est glissée près de mon oreille et m’a chanté : « Kenbe la !».

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