J'ai lu ça sur internet :
"PORT-AU-PRINCE – Haitian President René Préval today gave the Inter-American Development Bank a mandate to work with Haiti's Ministry of Education and National Education Commission to prepare a major reform of the Haitian education system."
Le président haïtien René Préval a donné un mandat aujourd'hui la BID pour travailler de concert avec le Ministre de l'Education et la commission nationale de l'Education afin de préparer une importante réforme du système d'éducation haïtien.
"... the Haitian government will also receive technical assistance from leading experts in education reform. One key advisor will be Paul Vallas, who led the transformation of the New Orleans public schools system after Hurricane Katrina. Under the proposed reform, most Haitian schools would become publicly funded but privately run institutions, foregoing tuition charges"
le gouvernement haïtien recevra également une assistance technique d'experts de pointe en réforme d'éducation. Un conseiller important sera Paul Vallas, qui a mené la transformation des écoles publiques àl a Nouvelle Orléans après l'ouragan. Selon la réforme proposée, la majorité des écoles haïtiennes seront subventionnés par l'Etat pour financer les frais scolaires, mais dirigées par le secteur privé.
Peuple haïtien, Naomi Klein auteure de "La stratégie du choc"
t'avait prévenu.
Elle avait déclaré que le séisme du 12 janvier 2010
de même que l'ouragan qui a frappé la Nouvelle Orléans
risquerait d'être utilisé pour imposer des politiques contraires aux intérêts du peuple haïtien.
Et, malheureusement, elle avait vu juste.
Tu as pu le constater récemment avec l'accueil chaleureux
fait par le ministre, Jonas Gué, aux semences hybrides "offertes" par Monsanto
dont le staff enthousiaste a déclaré que " c'était le plus beau cadeau de Pâques
qui pouvait leur être fait ".
Maintenant, c'est au tour de M. Préval,
qui doit avoir bien d'autres tours dans sa macoute
d'offrir la totalité du service public d'éducation nationale en cadeau au secteur privé
tout en endettant, pour ce faire, le peuple haïtien auprès de la BID .
C'est avec l'argent emprunté à la BID que seront subventionnées les écoles gérées
par le secteur privé.
C'est évidemment une décision scandaleuse.
Cette maneuvre consiste tout simplement à transférer les fonds publics dans
les comptes en banque du secteur privé.
Mais, tout ceci était prévisible.
Pendant de nombreuses années les macouto/duvaliéristes ont
agi de manière à saper l'éducation nationale, ainsi d'ailleurs que toutes les institutions publiques.
Au lieu d'emprunter pour soutenir l'Etat, Préval emprunte pour développer le secteur privé.
Il l'a fait récemment pour les entreprises d'assemblage ( sweatshops),
en empruntant de l'argent auprès de la même
BID pour la modernisation de ce secteur.
D'ailleurs, le plan était déjà en marche quand le Président
avait nommé à la tête de la Commission de réforme de l'éducation
nationale, le patron d'une entreprise privée, le directeur de l'université Quisqueya.
Si on étudie le plan Collier et celui dit de la "Reconstruction", on constate que
ces plans ont été montés sans que les associations populaires,
les premières concernées, et les partis d'opposition n'aient voix au chapître.
C'est une sorte de holdup similaire à celui fait sur le riz haïtien
que Préval entouré de ses conseillers macouto/duvaliéristes
est en train de faire sur l'économie du pays, suivant le chemin emprunté
par Latortue, qui avait signé les accords d'exploitation des mines
d'or avec Eurasian Minerals, de manière totalement illégale, puisqu'en
principe son mandat de Premier ministre de transition ne l'y autorisait pas.
Pourquoi cette action de Préval est malveillante ?
D'abord parce qu'au lieu de consolider cet Etat dit en faillite
Préval le dépèce en l'offrant au secteur privé.
Ensuite, parce que le secteur privé qui contrôle à 90% l'éducation
en Haïti, a bien montré et démontré son incapacité fondamentale
en termes de gestion et d'éducation. Les résultats du bac sont
là pour en témoigner.
VOIR EFFONDREMENT écoles
En donnant de l'argent à ce secteur, Préval veut nous faire croire que l'offre d'éducation en sera
ipso facto améliorée.
Il compterait sur une surveillance plus sévère des critères d'homologation des écoles et des maîtres
pour arriver à un résultat positif.
Entre parenthèses- vous imaginez, avec la corruption qui règne dans le secteur privé, les dessous de table pour obtenir l'homologation, les subventions, etc. Les personnes chargées de l'inspection de ces écoles privées auront de fortes chances de s'enrichir rapidement dans le meilleur des cas ou d'être "disparu" dans le pire des cas.
Je referme la parenthèse.
Pourtant, Préval en obéissant au diktat des bailleurs de fonds, ne fait que te tromper peuple haïtien.
Pourquoi ?
Parce que le problème principal, en dehors de la prolifération des écoles et universités dites" borlettes",
est celui de l'alphabétisation.
En 2 années, le gouvernement d'Evo Morales est arrivé à déclarer que la Bolivie avait alphabétisé sa population.
Il n'a pas eu besoin du secteur privé pour arriver à cet objectif.
Au lieu de s'attaquer aux racines du mal, et quitte à emprunter, à mettre sur pied un efficace programme d'alphabétisation sur l'ensemble du territoire national, Préval, encore une fois, laisse la majorité de la population dans les marges, en endettant l'Etat au profit du secteur privé.
Parce que, pour avoir accès à ces écoles gérées par le privé, il faut quand même un pré-requis, celui d'être alphabétisé.
En réalité, ce plan de Préval, comme l'a montré Naomi Klein à partir du cas de la Nouvelle Orléans, n'est rien moins d'autre qu'un plan concerté d'exclusion des " classes dangeureuses"- c'est-à-dire la majorité pauvre de la population haïtienne dont le destin est, selon le plan Collier, de travailler dans les industries d'assemblage et/
ou dans les plantations de mango.
Pourquoi au lieu de suivre les ratés de ce grand pays que sont les USA,
le gouvernement haïtien n'est-il pas capable de prendre exemple
sur les réussites d'un petit pays comme la Norvège ?
Parce qu'il n'est simplement pas indépendant.
Parce que ses dirigeants sont des irresponsables conservateurs.
Peuple haïtien, tu es totalement abandonné
tu es "vendu" comme une marchandise
par ceux qui ont pour mission de te protéger,
tu es affaibli par le séisme.
Néanmoins, tu n'as pas d'autre choix
que celui de prendre ton courage à deux mains
pour t'opposer à la politique de prédation systématique
instaurée depuis la "restauration macoute" de 2004.
Cette décision de Préval de "tuer" ce qui restait
de l'éducation publique
est directement dirigée contre toi, contre ton développement, contre l'avenir de tes enfants.
Peuple haïtien, "ils" souhaitent te laisser volontairement dans la boue
sous des tentes, pour "tuer" ta combativité et ta réflexion,
pour t'inhumaniser, pour te domestiquer.
Mais, il faut plus d'un séisme,
pour venir à bout de ta volonté d'émancipation.
Anaïse et Manuel de Gouverneurs de la Rosée, tes modèles,
sont à tes côtés dans ta lutte contre les macouto/duvaliéristes au pouvoir.
A propos de l'exemple de l'éducation reformatée à la Nouvelle Orléans par l'expert en réforme de l'éducation M. Vallas :
"Grand nettoyage à la Nouvelle Orléans (2005)
Le monde a été scandalisé par l’incurie de l’Administration Bush qui avait laissé les digues se dégrader puis a étalé au grand jour son inefficacité dans le secours aux sinistrés. Imprégné du préjugé qu’un gouvernement est là pour aider ses citoyens en cas de coup dur, on n’a pas compris tout de suite que ce fut pour le haut du pavé une divine surprise : « Nous avons enfin nettoyé les logements sociaux de la Nouvelle-Orléans. Dieu a réussi là où nous avions échoué ». L’incroyable incompétence n’était qu’une ruse pour profiter d’une si belle occasion (100 milliards de $ de fonds publics ont été débloqués).
A 93 ans « Oncle Miltie », toujours aussi virulent, écrit dans le Wall Street Journal : « La plupart des écoles sont en ruine, au même titre que les maisons des élèves qui les fréquentaient. Ils sont aujourd’hui éparpillés aux quatre coins du pays. C’est l’occasion de transformer de façon radicale le système d’éducation ».
Au lieu de reconstruire les écoles on distribue des « bons d’études » qui tombent directement dans les caisses d’écoles privées (à but lucratif et subventionnées par l’Etat). Dix-neuf mois après l’inondation, alors que la plupart des pauvres sont encore en exil, presque toutes les écoles publiques ont été remplacées par des écoles privées. Seules 4 écoles sur 123 subsistent et 4700 instituteurs ont été licenciés. Ce n’est qu’un échantillon."
http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=878
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