Après l'échange entre L. Trouillot et une chroniqueuse du Nouvelliste à propos de propos tenus sur l'entrée de Dany Laferrière à l'Académie française Le Journal de Québec.L’élection de Dany Laferrière à l’Académie française suscite la controverse,
j'ai lu ce texte de Mme Kettly Mars ici :link adressé à M. Charles, lequel, dans une chronique toujours dans Le Nouvelliste, s'innterrogeait, par ailleurs sans acrimonie, sur le pourquoi et le comment qui faisaient que seuls 3 ou 4 écrivains haïtiens semblaient représenter la littérature haïtienne.
Mme Mars, en gros, lui a répondu qu'il s'agissait de travail et de talent, que c'était ainsi partout et pour finir qu'il était bien jeune pour saisir la complexité de cette affaire et qu'avec le temps il comprendrait.
Ce texte de Mme Kettly Mars, a eu droit à un très long commentaire de Mme Margaret Papillon, écrivaine haïtienne dont, je dois avouer, je ne connais pas l'oeuvre.
Ce commentaire en 3 parties, pour ce qu'il dit et laisse entendre en creux sur le monde littéraire haïtien dévoile un continent insoupçonné de nous autres lecteurs. Je n'ai pas eu envie de vomir après avoir lu "Aux frontières de la soif" de Kettly Mars. Il faut dire qu'en Haïti la nausée viendrait plus de la réalité telle qu'elle est que d'une fiction.
Au contraire, j'ai trouvé que c'était un roman dur qui décrivait sans complaisance mais aussi sans faire appel à la morale, le portrait de ce pédophile de la bourgeoisie haïtienne. Les états d'âme du personnage décrits par l'auteur restant, selon ma lecture, une sorte de coquetterie, un reste de "bonne éducation" qu'il peut se permettre d'avoir, tout en sachant pertinemment qu'il pourra violer toutes les fillettes pauvres des camps de sinistrés et restera impuni. Et qu'il continuera à avoir l'estime des membres de sa société dont aucun n'ignore rien de ses crimes.
Donc, pour moi Kettly Mars ne décrit pas un "héros" mais un être exécrable, dont la perversité va jusqu'à se payer des émois de conscience et qui, en cela révèle, un caractère assez présent dans la bourgeoisie haïtienne, amarrée dans les faux-semblants. On aperçoit ici ce que cette pourriture intérieure dit de la complaisance de cette société à accueillir dans son sein les pires criminels.
Mais là où j'ai été "sezi", c'est qu'il semblerait que ce personnage de fiction- que l'on voit avec étonnement se rendre aux Abricots chez l'écrivain Fignolé dont le nom réel surgit du monde fictif- existerait bel et bien, en chair, en os et en sang.
A part ça, ce type de polémiques entre écrivains, ici en France, et les accusations de plagiat - vrais ou faux- sont récurrents et ont toujours existé. Par contre, c'est la première fois que je vois ce genre de trucs, écrit noir sur blanc, dans un journal haïtien.
Le commentaire de Mme Margaret Papillon
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*Miami, le 24 janvier 2013
Très chère Kettly Mars,
Ma sœur en… littérature.
Je viens tout juste de terminer la lecture de ton court roman « Aux frontières de la soif ». Et, chose bizarre, je lui trouve une bien étrange ressemblance, de par le sujet, à ma nouvelle « Méprisa Lamour » publiée sur le Web en 2010 (Facebook, forums, site Onè Respè, etc.) et aussi présente dans mon recueil de nouvelles (paru en octobre de la même année) intitulé « Noirs Préjugés ».
En effet, ma nouvelle parle de Thimo, un pédophile (multirécidiviste) qui abuse (en dernier lieu) de Valkise, une orpheline du terrible tremblement de Terre du 12 janvier 2010 et ton roman parle de Fito, UN MONSTRE, qui fait exactement pareil. Bon, jusque-là on pourrait avancer que ce n’est pas du tout étonnant puisque nous sommes deux Haïtiennes qui ont une mémoire commune et que le tremblement de Terre en fait définitivement partie. Mais, là où cela devient inquiétant, c’est quand Thimo et Fito partagent non seulement le même vice, mais aussi un goût particulier pour le bouillon (consommé) de tête de… cabri (Aux frontières de la soif, page 42). Est-ce un hasard ? Permets-moi de me poser la question. Toi et moi… nous nous comprenons… Alors là, si c’est le cas, je me dis que tu as un sérieux problème d’inspiration et que ta solution reste et demeure de toujours suivre… mes traces.
Serais-tu ma sœur par hasard ? Une sœur adultérine ? Ton père aurait-il pour nom Carl Papillon ? Ou peut-être que… tu es ma jumelle (on a déjà vu des jumeaux totalement dissemblables dans le film « Twins » (1988) mettant en scène (l’immense) Arnold Schwarzenegger et (le petit) Dani de Vito…
Alors, ma grande, ton but serait de reprendre les sujets de « ta sœur » et de les développer à ta manière en te disant que tu rends un fier service à celle-ci, car ayant un boulot fou elle n’aurait jamais le temps d’abattre toute cette tâche. Si c’est le cas, je t’en remercie, mais de grâce pense à mettre une note pour tes lecteurs… énoncée comme suit : inspiré de la nouvelle ________ de Margaret Papillon.
En passant, je ne pense pas que cela soit une bonne idée pour un « grand » auteur comme toi d'emprunter les sujets d’une « petite » comme moi. Ton petit jeu devient « malsain » et risque, à la longue, de te causer un tort considérable surtout après... nos démêlés dans l’affaire Galli-Mars, tu te souviens… le plagiat et la contrefaçon… délits commis par toi avec ton roman « Saisons sauvages » sur le mien « La Mal-aimée »…
La raison pour laquelle j’emploie l’adjectif « malsain » est simple. En récupérant mes sujets (quand même, Kettly, tu dois bien plus de respect à tes lecteurs, voyons) cela te force au démarcage. Et ledit démarcage t’oblige à garder en vie ceux que j’élimine physiquement pour rendre justice aux innocents. À la fin, tes liseurs finiront par croire que tu as un fond mauvais, que tu es toujours du côté des méchants, de ceux qui font un tort incommensurable à l’humanité ou, pire encore, ils vont rester persuader que tu es toi-même une pédophile ; ce qui n'est nullement souhaitable et, j'en suis certaine, n’est absolument pas ton vœu...
À suivre...
la suite...
Libère-toi, ma sœur, de ce mauvais karma… il va t’être fatal !
Cette exécrable habitude de jeter un coup d’œil « à côté » finira vraiment par te faire la peau !
Tu suis donc une très mauvaise pente, car tu te mets dans la situation où tu ne peux être qu’une suiveuse… une place peu alléchante… peu enviable… du moins, à mon avis… pour un auteur ayant une réputation aussi bien assise que la tienne. Rappelle-toi sans cesse que toutes les œuvres, je dis bien "toutes", un jour ou l’autre, seront décortiquées par des gens sérieux, des universitaires fougueux, des experts (de vrais) honnêtes et talentueux qui feront certaine- ment des tableaux comparatifs des œuvres de « tous les littéraires ». Pourquoi insistes-tu donc à travailler seulement pour le moment présent, lorsque les écrivains sont des êtres d’éternité, et que leurs œuvres sont intemporelles ? Souviens-toi… les paroles s’envolent, mais… les écrits… restent ! As-tu la naïveté de croire que se sera toujours l’un de tes petits copains, complaisants, qui sera « le critique littéraire » faisant perpétuellement le choix de ne parler que de toi ?
Vraiment, en toute générosité, je te donne un conseil… un conseil de sœur « aînée »… dans l’écriture… bien sûr…, abandonne cette mauvaise habitude de lorgner du côté de la feuille de ta voisine, car avec ce vilain défaut, tu finiras par perdre toutes tes… feuilles… ou plutôt toutes tes… plumes ! À l’examen final, tu vas lamentablement échouer, car ne connaissant pas ta leçon et n’ayant plus personne sur qui copier… N’écoute surtout pas ceux qui te disent ou te font croire (parce qu’ils s’acharnent à ne pas parler de mes œuvres ou qu’ils s’échinent à rayer mon nom de toutes les listes d’auteurs haïtiens, ou qu’ils croient pouvoir me placer en isolement ou encore qu’ils travaillent à me garder absente de toutes leurs anthologies de la littérature haïtienne) que je suis bête, aveugle (que tous les lecteurs le sont autant), souffrant de la maladie d’Alzheimer ou tout simplement… morte, ils veulent t’induire en erreur et te pousser à faire des bêtises. En agissant comme tu le fais, tu te mets au rabais alors que tu as du talent. Évidemment, ce qui te manque surtout, c’est l’imagination. Ah, oui ! celle-ci te fait parfois défaut… et c’est bien dommage ! Bon, on ne peut pas tout avoir…
À vouloir suivre une sprinteuse, une marathonienne de premier ordre, tu vas t’essouffler, et là, gare à la syncope !
En tout cas, sache que je suis une âme généreuse, j’adore « partager ». D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle je mets gratuitement nombre de mes textes en ligne pour le seul bonheur des lecteurs. Ce que je déteste vraiment, par contre, c’est que l’on s’approprie le travail que j'ai fourni et pour lequel j’ai bossé dur (à coup de nombreuses heures de copieux labeur et de longues nuits insomniaques). Rien, en effet, ne m’est plus détestable que ça !
Alors, si tu as une petite panne, si tu es à court d’idées, ou si tu te retrouves subitement frappée par le syndrome de la page blanche… écris-moi pour me le faire savoir. Et, j’irai, en toute générosité, puiser dans la haute pile de mes notes pour te choisir quelque chose… disons… sur mesure ; un sujet qui ne t’obligera pas à tout corrompre sur ton passage et à absoudre de tout, ceux qui pratiquent un vice qui cause tant de torts à nos enfants. Tu es une mère, Kettly, ne l’oublie pas ! Et, la pédophilie concerne les mater dolorosa avant tout le monde, car le but premier de ces dernières est de protéger la vie de ceux qui sont l’avenir du genre humain.
Notes-bien que tout ceci, que je considère comme un compliment, n’est pas mauvais en soi, mais ce qui dérange c’est toujours ton désir de laisser accroire à tous que les bonnes idées viennent de toi…
Allons, allons, Kettly, la prochaine fois, fait de ton mieux pour infliger à Fito, Golème et Ti Will le châtiment qu’ils méritent ; c’est-à-dire... l’échafaud… pour avoir volé l’enfance d'innombrables innocentes. Ne permets surtout pas à Fito (ton héros… qui n’a rien d’héroïque ; un antihéros donc !) de s’en sortir à nouveau en écrivant un bestseller, alors qu’il devrait être derrière les barreaux ou à… six pieds sous terre pour crimes… odieux… contre de petits êtres sans défense (CONTRE L’HUMANITÉ, PAR EXTENSION) ! Comme ça, tu éviteras à tes lecteurs cette affreuse et insupportable envie de vomir après avoir refermé ton livre. Garde toujours en tête que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute et à contrario tout flatté se nourrit de l’encens que lui fournit le flagorneur. Alors, évite le piège de l’égo, tiens à distance les génuflecteurs et ne perd jamais de vue qu’écrire reste un véritable travail de forçat… et surtout… mets en pratique la maxime bien connue que Nicolas Boileau a écrite en 1674 : « Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage !». Ton texte est vraiment mauvais, Kettly, alors il faut le retravailler ! Je sais que tu peux faire bien mieux que ça !
Étant petite, as-tu manqué d’amour au point d’être incapable d’en avoir (même un minimum) pour tes propres personnages. Si oui, tu as absolument besoin de l’aide d’un psychologue.
Encore autre chose, Lilas Desquiron...
référence revue Boutures
http://
Kettly Mars à fait sienne dans "Saisons Sauvages" les propos de Lilas Desquiron dans "Les chemins de Loco Miroir" (édition Bibliothèque haïtienne 246 pages): Ce roman, à sa première publication, avait choqué à cause de sa sensualité, à cause de vérités pas bonnes à dire. « Ma chérie, n'oublie jamais, ce petit trésor que le bon Dieu a placé entre tes jambes est indestructible. Il est à toi, rien qu'a toi. Et c'est comme une assiette de porcelaine: tu le laves, tu le savonnes et il est comme neuf! » Kettly Mars dit dans son roman à elle Saisons sauvages page 108: « Les foufounes des femmes, continue-t-elle, c'est comme la faïence. Une fois lavées, elles redeviennent neuves. Nous ne gardons pas de trace, pas de marque dans nos corps. Tu me comprends ? » Il suffit donc de remplacer porcelaine par faïence, ou encore neuf par neuve pour que cela soit "l'inspiration " de Kettly Mars. Elle ne se gêne pas, hein la Kettly! Elle devrait écrire un livre du genre :" L'oeuvre littéraire selon MARS"
Fraternellement,
Margaret Papillon.
*Je m'excuse si ce courrier te parvient avec 12 mois de retard.
Profitons-en pour jeter un coup d'oei sur l'oeuvre abondante de Mme Papillon.
ŒUVRES DE MARGARET PAPILLON
NB : toute l’œuvre de Margaret papillon est disponible online sur amazon, Barnes & Noble et sur biens d’autres librairies et bibliothèques physiques ou virtuelles à travers le monde et toutes les informations sur ledit auteur sont accessibles sur Facebook et sur tous les moteurs de recherches de l’Internet tels que : google, bing, yahoo, etc.
• La Marginale, roman, 1987
• Martin Toma, roman, 1991
• Passion Composée, nouvelles, 1997
• La Saison du Pardon, roman, 1997
• Manmzelle Natacha, nouvelle, 1997
• Terre Sauvage, nouvelles, 1999
• Mathieu et le vieux mage au regard d’enfant, roman, 2000
• Innocents Fantasmes, roman, 2001
• La Raison des plus forts…, récit autobiographique, 2002
• La Mal-aimée, roman, 2008
• Noirs Préjugés, nouvelles, 2010
• Douce et Tendre Luxure, 2010
• Les Infidèles, théâtre, 2011
PUBLICATION POUR LA JEUNESSE
• La Légende de Quisqueya I, roman, 1999
• La Légende de Quisqueya II, roman, 2001
• Le Trésor de la Citadelle Laferrière, roman, 2001
• Sortilèges au carnaval de Jacmel, roman, 2002
• Babou chez le faiseur de songes, 2011
À PARAÎTRE
• La Promise, roman
• L'initiatrice, roman
• Générallisimus, théâtre
ADAPTATIONS THÉÂTRALES
• La Légende de Quisqueya, adaptation de l’atelier Éclosion de Florence Jean-Louis Dupuy, octobre 2000
• Babou chez le faiseur de songes, adaptation de Artimoun de Emmanuelle Sainvil, juin 2002
TEXTES RADIOPHONIQUES
• Jeux interdits, décembre 1997, Radio Vision 2000 (Programme de lutte contre le sida)
• Les visites dominicales de Ludovic, 1998, Radio Vision 2000
• Angie, décembre 2001, Radio Ibo (Programme de lutte contre le sida)
• Feuilleton radiophonique : Manmzèl, décembre 2004 (Plan-Haïti / Plan international/ lutte contre le sida)
• Parution de six modules radiophoniques sur l’OPC et les droits de l’enfant UNICEF 2005.
TEXTES PARUS DANS LES JOURNAUX
Manmzelle Natacha, nouvelle, Le Nouvelliste, 1997
Marinella, nouvelle, Le Nouvelliste, 1998
La folle journée de Tante Rose, nouvelle, Le Nouvelliste, 1998
Les visites dominicales de Ludovic, nouvelle, Le Nouvelliste, 1998
La conspiration du temps contre les cloches de la Cathédrale du Cap-Haïtien, prose poétique, Revue Cultura, 1999
Les Canons de la Liberté, prose poétique, Le P’tit Nouvelliste, 2001
Terre sauvage, nouvelle, Le Matin, 2004
Fleurs d’insomnie, nouvelle, Le Matin, 2004
La Mal-aimée, mis en feuilleton de 55 épisodes, Le Matin, 2004 / 2005
Le Trésor de la Citadelle Laferrière, roman jeunesse mis en feuilleton de 15 épisodes, Le Matin, 2005
Les Infidèles, pièce de théâtre mis en feuilleton de 8 épisodes,
Journal Anayizz / Le Nouvelliste, 2007
Vanité Salvatrice, nouvelle, Journal Le Matin, 2007, 2010
TEXTES PARUS SUR LE WEB
La Légende de Quisqueya, roman, île en île, 2003
Mathieu et le vieux mage au regard d'enfant, roman, île en île, 2003
Sortilèges au carnaval de Jacmel, roman, île en île, 2003
La Légende de Quisqueya II : Xaragua, la cité perdue, île en île, 2004
Les Infidèles (théâtre), île en île, 2005
La Mal-aimée (roman), Pikliz.com, 2006
La soudaine intelligence de Carmélie Nozeille, Pikliz.com, 2008
Les épisodes d'Angie, Pikliz.com, 2007
Terre Sauvage (nouvelle), Pikliz.com, 2007
Innocents Fantasmes (roman), île en île, avec une présentation
de Jacques Roche (2003) & Pikliz.com (2007)
Mystérieux Occident, Pikliz.com, 2008
On a kidnappé la morte (nouvelle) Pikliz.com, 2008
La conspiration du temps contre les cloches de la Cathédrale
du Cap-Haïtien, roroli.com, 2009
Méprisa Lamour, nouvelle, www.wwohd.org, 2010
Le Trésor de la Citadelle Laferrière, roman, roroli.com (2009)
& capsuleshaitimonde.com (2009)
The kidnapping, 2010 (English translation by Suze Baron)
Untamed World, 2010 (English translation by Suze Baron)
Tierra Salvaje, 2009 (Spanish translation by Gahston Saint-Fleur)
Au nom du père et du fils, ode au général Dumas, Pikliz.com 2009 (2009)
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