Les organisations de défense des droits de la femme méritent d’être prises en considération dans la société haïtienne par les acteurs actifs. Les femmes qui se battent pour la défense de leurs sœurs, encore aujourd’hui, sont des héroïnes dans une société comme la nôtre (Haïti), ou l’univers est contrôle par les hommes et ceci sans partage. Les traitements accordés à nos « Marylise » représentent un affront a la fierté haïtienne et en même temps constituent un thermomètre permettant aux autres peuples de juger notre niveau de civilité.
Les cas de viols soulèvent mon indignation
Je vais mettre l’accent sur le spectre du viol caractérise, qui hante l’univers masculin de la société haïtienne. Les déclarations de l’actuel ministre a la condition féminine, Madame Laurence Jocelyn Lassègue, sont alarmantes et coïncident curieusement au rapport de Lancet. Celui-ci a levé la voile sur plus de 35.000 cas de viol perpertré contre des femmes, de la période du coup d’état de 2004, contre le président Jean Bertrand Aristide, jusqu’au moment de l’enquête du journaliste. Madame Lassègue, a rapporte un cas tragique d’une fillette de 8 ans qui a été violée lors des festivités pré-carnavalesques, et après « Elle a été cousue du nombril a l’anus ». Cette situation n’est pas digne de l’espèce humaine. En tant qu’homme, je me sens coupable par le fait même que je suis homme et, être père de trois filles moi-même, me rend le choc encore plus percutant. Toujours d’après Mme Lassègue, plus de cinquante (50) cas de viols sont enregistres pendant les trois (3) jours gras. Il y a une pratique ancienne à Port-au-Prince au moment des festivités carnavalesques. Des hommes, particulièrement jeunes, se cachent dans les corridors obscurs pour s’accaparer des jeunes filles qui rentrent tard, très souvent seules et a l’insu de leurs parents, afin de les violer. Ces actes se répètent annuellement sans que les autorités ne fassent rien pour stoper ces criminels. Je souhaite que l’année prochaine, pendant les festivités carnavalesques, les autorités agiront en ce sens afin de mettre la main aux collets de ces criminels.
Le combat contre le viol est une affaire d’hommes
Je pense qu’il est temps a ce que la société haïtienne divorce avec ces pratiques inhumaines et humiliantes vis-à-vis des femmes, qui sont nos mères, sœurs, femmes et filles. Les hommes doivent être plus critiques a l’égard du viol en Haïti, c’est nous qui devons mener ce combat contre cette culture traditionnelle de discrimination contre la catégorie sociale physiquement faible dans notre pays. Les hommes haïtiens doivent cesser de concevoir les femmes comme une proie facile qui ne sont bonnes a rien qu’à faire du sexe volontairement ou involontairement. Nous devons être aux cotes des organisations féminines et d’autres activistes qui luttent contre la discrimination sexuelle et particulièrement le viol. Nous, les hommes, devons participer au cote des femmes dans toutes les manifestations visant a rehausser la dignité des femmes. C’est une façon de dire aux femmes que nous ne sommes pas tous des violeurs ou des abuseurs et, si quelqu’un d’entre nous avait l’habitude de maltraiter des femmes, il faut stopper et présenter des excuses sincères a vos victimes féminines.
Sensibilisation permanente contre le viol en Haïti.
« Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol ». Cette définition du viol mérite d’être rendue publique sur tous les coins du territoire national, car il existe encore dans des milieux paysans une tendance à accepter le viol comme une pratique normale. Notamment dans les champs, les laborieuses femmes qui cultivent la terre n’ont pas une chance de s’en sortir sans être victime du viol. Sitôt que la nuit tombe, dans l’obscurité qui s’y installe, nos paysannes font face en permanence a des détracteurs qui ne peuvent contenir leurs émotions luxuriantes, sans réfléchir au mal permanent qu’ils causent aux victimes. Dans un pays où il n’y a pas de structures sociales d’accueil pour ces genres de victimes, les femmes violées, ne pouvant faire face aux conséquences psychologiques destructrices, ont perdues leurs raisons et se trouvent traîner dans les rues comme mendiantes et exposées d’avantages aux nouveaux violeurs.
Le viol n’est pas un phénomène haïtien, c’est un fléau qui touche les hommes sans exception de classe ou de race. Certains même parlent de phénomène des sociétés. Aux Etats-Unis, chaque quatre-vingt dix (90) secondes une femmes est violée. En Afrique du Sud, cent quarante sept (147) femmes sont violées quotidiennement, dans certains pays le viol n’est pas considéré comme un crime, notamment dans certains pays orientaux et africains. On arrive même à tenter de l’insérer comme un élément culturel dans certains pays par des intellectuels jouisseurs. Nous savons tous que le viol est un crime injustifié, commis par des lâches épris de démangeaisons sexuelles. En Haïti, les femmes victimes vivent avec ce traumatisme durant toutes leurs vies, et portent les stigmates comme un fardeau. Aux Etats-Unis, là où je vis, il existe des structures thérapeutiques de réhabilitation pour les victimes de viol aux frais de l’état. Ainsi, les femmes arrivent a faire la transition non sans peine, mais avec plus de facilite. C’est la raison pour laquelle que nous devons combattre le viol avec rigueur et détermination car les victimes n’ont presque aucun cadre de réinsertion.
Malheureusement nous constatons une augmentation des crimes contre les femmes et les enfants, toujours protéges même en situation de guerre totale. D’un côté les kidnappeurs les utilisent comme sources sures d’enrichissement ( Farah Dessources) ; De l’autre, les forces d’occupation ne les épargnent pas non plus. Ainsi, les cas d’Alexandra et de Stéphanie, deux fillettes assassinées par la MINUSTAH à Cité Soleil, viennent compliquer une situation déjà trop troublantes. Paix a leurs âmes.
En cette date du 8 mars, que depuis 1977, l’organisation des Nations-Unies a choisi de mettre les femmes en l’honneur. Nous, les hommes devons agir pour convaincre les femmes que nous ne sommes pas tous des violeurs et surtout leur dire que désormais elles ne sont pas seules dans leurs combats contre le mauvais traitement et particulièrement le viol.
joelleons@yahoo.com
Journaliste
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